Il est toujours possible de financer des opérations de croissance externe dans le secteur des services IT mais les valorisations ont chuté, selon, Michaël Azencot, directeur associé de la Financière Cambon.
Michaël Azencot est directeur associé de la Financière Cambon, un cabinet conseil spécialisé dans les fusions acquisitions dans le secteur des logiciels et des services IT.
Channelnews : Ressentez-vous les prémisses d’un credit crunch ?
Michaël Azencot : Non, jusqu’ici tout va bien. C’est vrai qu’il n’y a plus d’accès à la dette pour les grosses opérations. Mais il est toujours possible de mobiliser de la dette bancaire sur des montants raisonnables (maximum 10 à 11 M€) pour financer des opérations de petite et moyenne taille dont les valorisations n’excèdent pas 100 M€. Bien sûr, c’est plus dur et qu’il y a moins de marges de négociation. Il reste également relativement aisé de lever jusqu’à 15 à 20 M€ de dette auprès des fonds d’investissements. Ces derniers ont amassé des sommes colossales au cours des dernières années et continuent de s’intéresser au secteur IT, notamment celui des services. La raison principale est que ce secteur continue de sur performer par rapport au reste de l’économie, avec une croissance moyenne au cours des quatre dernières années de l’ordre de 5 à 5,5%.
Quelles sont les conséquences de la crise financière sur votre activité ?
Michaël Azencot : La crise a pour principal effet de faire chuter les valorisations. Alors que les sociétés de services était valorisées six à huit fois leur résultat d’exploitation il y a encore 9 mois (voire douze à quinze fois il y a deux ans), leur cote a été divisée par deux depuis. Une réalité que beaucoup de vendeurs ont encore du mal à intégrer. Du coup, je pense en revanche que la nature des transactions sur lesquelles nous intervenons va changer. Jusqu’ici, nous faisions essentiellement des opérations industrielles consistant à marier des sociétés par rachat. Mais ce type de transaction devrait baisser à l’avenir au profit des prises de participations de fonds d’investissements misant sur des sorties dans quatre ou cinq ans. Les opérations PtoP (Public to Private) devraient également se multiplier. Beaucoup d’entreprises s’aperçoivent qu’elles n’ont aucun intérêt à rester cotées en bourse et vont chercher à en sortir via des OPA suivies d’OPR (offres publiques de retrait).
Comment voyez-vous les prochains mois ?
Michaël Azencot : Je ne crois pas que le secteur va décroître. Du moins, je ne crois pas au scénario catastrophe comme celui que nous avons connu dans les années 2001-2003 avec un arrêt brutal des investissements des entreprises. Je mise sur un ralentissement qui impactera probablement les marges. Mais celles-ci devraient rester bénéficiaires.
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