Consolidation dans le secteur spatial étasunien. Rocket Lab a annoncé le rachat d’Iridium Communications dans une opération valorisée à 8 milliards de dollars. L’accord, approuvé par les conseils d’administration des deux sociétés, prévoit une finalisation mi-2027, sous réserve du feu vert des actionnaires d’Iridium et des autorités réglementaires.
Avec cette acquisition, Rocket Lab change d’échelle. Le groupe, jusqu’ici surtout connu pour ses services de lancement, la fabrication de satellites et les systèmes spatiaux, met la main sur une constellation déjà opérationnelle, des fréquences en bande L coordonnées mondialement, 2,55 millions d’abonnés et un réseau de plus de 500 partenaires.
L’objectif est de créer un acteur spatial verticalement intégré, capable de concevoir, fabriquer, lancer et exploiter ses propres constellations. Rocket Lab vise notamment les communications critiques, l’IoT satellitaire, la communication directe avec les appareils (Direct to Device ou D2D), les services de synchronisation alternatifs au GPS, ainsi que les marchés défense, maritime, aéronautique et infrastructures critiques.
L’opération illustre la poursuite de la consolidation du secteur des constellations en orbite basse, après le rapprochement Eutelsat-OneWeb ou le rachat de Globalstar par Amazon, sur un marché dominé par SpaceX et Starlink.
Iridium reste toutefois un réseau de taille modeste : 80 satellites en orbite, dont 66 actifs, loin des milliers d’engins déployés par Starlink. Mais sa constellation est mondiale, opérationnelle, utilisée dans les zones isolées et critiques, et rentable. En 2025, Iridium a réalisé 871,7 millions de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice net de 114 millions de dollars. Pour Rocket Lab, l’enjeu est donc d’accélérer son entrée dans les services satellitaires récurrents sans repartir de zéro.