Banyan Software pose ses jalons en France. La société de portefeuille canadienne spécialisée dans le secteur des éditeurs de logiciels annonce l’ouverture d’un bureau à Paris. Son pilotage en a été confié à Ghislain Rouëssé, qui s’est fait connaître comme cofondateur de l’éditeur Billee, avant de prendre la direction des opérations de Zenchef suite au rachat de sa société par ce dernier. Sa mission : identifier et acquérir des éditeurs français de logiciels verticaux, réalisant entre 2 et 30 M€ de chiffre d’affaires. Banyan estime ainsi plus de 2.000 le nombre d’entreprises entrant potentiellement dans son spectre.
Pour financer ces opérations, Ghislain Rouëssé dispose d’une enveloppe de 100 M€ de Banyan Software. Il espère réaliser ses deux premières acquisitions d’ici à la fin de l’année. Il est également chargé de constituer une équipe spécialisée en fusion & acquisitions pour l’aider dans sa tâche. Celle-ci devrait atteindre à terme une dizaine de personnes. En attendant, Ghislain Rouëssé pourra s’appuyer sur les ressources internationales du groupe, qui revendique près de 200 salariés.
Fondé en 2016 à Toronto par David Berkal, Banyan Software est déjà présent aux USA bien sûr mais également au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse et en Espagne, et prévoit de se développer en Italie. Le groupe revendique actuellement plus de 120 entreprises en portefeuille dans le monde, dont une soixantaine en Europe. Ses sociétés opèrent dans tous les secteurs d’activité.
Banyan arrive en France dans un contexte particulier, le marché entrant dans une phase d’activité accrue en matière de transmissions d’entreprise liée au fait que de nombreux dirigeants de PME arrivent à l’âge de la retraite. 25% des dirigeants de PME auraient actuellement plus de 60 ans, selon Ghislain Rouëssé.
Banyan peut contribuer à organiser cette transmission en proposant une « troisième voie » aux deux options traditionnellement offertes aux dirigeants souhaitant passer la main : adosser leur entreprise à un industriel (souvent concurrent) ou faire appel au capital-investissement. Banyan se présente comme une « maison permanente » pour les éditeurs de logiciels verticaux, affirmant n’avoir jamais revendu aucune entreprise depuis sa création. « Quand vous nous rejoignez, c’est pour la vie », insiste Ghislain Rouëssé.