Un peu plus d’un an après ses acquisitions au Royaume-Uni et en Allemagne, I-Tracing commence à concrétiser les synergies entre ses différentes filiales européennes. Parallèlement, le groupe de services de cybersécurité fait évoluer son organisation et son portefeuille de prestations pour intégrer les nouveaux enjeux liés à l’intelligence artificielle. Malgré un premier semestre atone, il table sur une croissance organique d’au moins 10 % en 2026, à plus de 230 M€, portée par le dégel de l’activité depuis juin.

L’intégration de doIT solutions, acquis à l’été 2025 et rebaptisé I-Tracing Germany, semble porter ses fruits. La société allemande, spécialisée dans les services de SOC managés, devrait réaliser environ 14 M€ de chiffre d’affaires cette année, contre un peu plus de 12 M€ au moment de son acquisition. Ses effectifs sont passés de 30 à 40 collaborateurs et elle a obtenu la certification ISO 27001. Une acquisition dont se félicite Théodore-Michel Vrangos, président et cofondateur d’I-Tracing, qui souligne la communauté de valeurs entre les deux entreprises, notamment leur culture de l’ingénierie et leur attachement au respect des engagements pris auprès des clients.

Les premières synergies opérationnelles se matérialisent. I-Tracing a notamment aidé sa filiale allemande à constituer une équipe locale de réponse aux incidents, coordonnée avec ses équipes françaises. Le groupe a également repris l’offre SOC-in-a-Box développée par doIT solutions pour le Mittelstand allemand (le tissu des PME et ETI familiales et indépendantes). Cette offre, qui s’appuie notamment sur des solutions d’éditeurs français comme Sekoia.io et Harfanglab, est désormais reprise par sa filiale suisse.

La prochaine étape va consister à compléter l’offre de gestion des identités et des accès (IAM) de I-Tracing Germany. Déjà présente sur la gestion des comptes à privilèges (PAM), la filiale allemande doit étendre ses compétences à la gestion des identités utilisateurs, des droits d’accès, au SSO et à l’authentification multifacteurs. Ce chantier, prévu pour 2027, nécessitera des recrutements et une montée en expertise sur les solutions des partenaires technologiques pressentis, à savoir : Memority, Okta et SailPoint.

Cette recherche de synergies concerne également sa filiale britannique Bridewell, acquise début 2025, et représentant environ 48 M€ de chiffre d’affaires pour 310 collaborateurs. Dans une logique de mutualisation de leurs expertises, les deux entreprises travaillent ainsi à la mise en commun de leurs équipes spécialisées dans les tests d’intrusion en vue de former un pôle de compétences unique, réparti entre la France et le Royaume-Uni, qui sera aussi ensuite décliné en Allemagne.

I-Tracing prévoit également d’aider Bridewell à développer son expertise en gestion des identités. Une expertise qui reste peu développée chez Bridewell mais que Théodore-Michel Vrangos juge stratégique : « L’identité, c’est la porte d’entrée des attaques. Donc on ne peut pas faire de la cybersécurité sans avoir un pôle de compétences solide en gestion d’identité ».

Une task force pour diffuser l’IA dans l’ensemble des métiers

L’autre grand chantier d’I-Tracing, à l’instar de ses pairs, concerne l’intelligence artificielle. Dans un communiqué publié le 22 octobre, le groupe a annoncé le renforcement de son organisation avec la constitution d’une task force opérationnelle IA d’une vingtaine de spécialistes réunissant des profils complémentaires (consultants en en conduite du changement, data scientists, experts en cybersécurité…). Cette équipe transverse a vocation à diffuser les usages de l’IA dans l’ensemble des activités du groupe, notamment dans ses fonctions support, mais également à faire émerger et industrialiser des offres innovantes de cybersécurité augmentées à l’IA.

Ses premiers travaux ont porté sur l’utilisation de l’IA dans la protection des messageries et la lutte contre le phishing, avant d’être étendus aux centres opérationnels de sécurité (SOC) et de gestion des vulnérabilités (VOC). Elle a notamment développé une véritable expertise dans l’analyse et le tri des flux d’alertes par des agents (Agentic SOC) et dans la corrélation des failles et des menaces(Agentic VOC).

Mais l’ambition d’I-Tracing dépasse l’amélioration de la productivité de ses propres services. Le groupe structure également son accompagnement des entreprises autour de la gouvernance des usages de l’IA et de la sécurisation des données et des accès.

La gestion des identités occupe une place croissante dans cette stratégie, la multiplication des agents autonomes impliquant de sécuriser des identités non humaines et leurs accès aux applications de l’entreprise. Un prolongement naturel de son expertise IAM, constituée à partir de l’acquisition d’Idento en 2019 et qui mobilise aujourd’hui plus de 150 ingénieurs sur un effectif de près de 1.100 salariés.

Une réorganisation des services professionnels en cours

En parallèle, I-Tracing poursuit la transformation de son organisation opérationnelle. Après avoir restructuré en 2024 et 2025 son activité de services managés, notamment pour mieux différencier les offres de SOC dédiés et mutualisés, le groupe s’attaque désormais à ses services professionnels. Cette réorganisation, qui doit être finalisée pour début 2027, vise à renforcer la coordination entre les différentes expertises du groupe pour gagner en agilité et favoriser l’émergences de nouveaux services autour de l’IA.

Ces transformations interviennent dans un contexte de reprise de la croissance après un premier semestre 2026 marqué par une stagnation de l’activité. Théodore-Michel Vrangos table désormais sur une croissance organique d’au moins 10 % en 2026 et estime disposer de perspectives favorables pour 2027.