Portées par l’essor de l’intelligence artificielle, les dépenses informatiques mondiales devraient franchir pour la première fois le seuil des 7.000 milliards de dollars en 2027, selon Gartner. Les infrastructures de datacenters concentrent l’essentiel de cette dynamique, tandis que la flambée des prix des mémoires pourrait peser sur la demande.
Gartner anticipe une nouvelle accélération des dépenses informatiques mondiales en 2027. Selon ses dernières prévisions, dévoilées à l’occasion de son Symposium/Xpo, elles devraient progresser de 15% pour atteindre 7.352 milliards de dollars. Le cabinet relève également ses estimations pour 2026, à 6.391 milliards de dollars (+14,5%), contre 6.316 milliards (+13,5%) anticipés en avril dernier.
L’intelligence artificielle reste le principal moteur de cette croissance, avec une envolée des investissements dans les infrastructures de calcul, les plateformes cloud et les logiciels d’IA. « La croissance de l’économie numérique dépend de plus en plus non seulement de l’adoption des logiciels, mais aussi de la capacité à financer, construire et monétiser des infrastructures d’IA à une échelle sans précédent », souligne John-David Lovelock, vice-président et analyste chez Gartner.
Les dépenses consacrées aux systèmes de datacenters devraient ainsi bondir de 55,5% en 2027, à 1.366 milliards de dollars, après une hausse de 73,8% en 2026. Le marché de l’IaaS progresserait de 25,7%, à 367 milliards de dollars, tandis que les logiciels afficheraient une croissance de 14,6%, à 1.679 milliards. Les services IT (+4,9%) et les services de communication (+2,9%) resteraient nettement moins dynamiques.
Gartner souligne toutefois l’effet inflationniste de cette ruée vers les infrastructures IA. La demande des datacenters a contribué à plus que doubler les prix des mémoires en douze mois, entraînant un renchérissement des serveurs, du stockage, des équipements réseau et des terminaux. Cette inflation, que le cabinet baptise « memflation », devrait persister jusqu’en 2027. Si elle gonfle mécaniquement les dépenses en valeur, elle risque également de freiner la demande des utilisateurs finaux.





