Atos ouvre 2026 sur une publication mitigée, où les signaux de redressement mis en avant par le groupe peinent encore à compenser la dégradation de l’activité.
Au premier trimestre, le chiffre d’affaires ressort à 1,64 Md€ sur le périmètre post-cessions, contre 1,84 Md€ un an plus tôt, soit une baisse organique de 11%. Surtout, le groupe a revu plus prudemment sa trajectoire pour l’exercice et n’évoque plus qu’une évolution organique du chiffre d’affaires comprise entre -1% et -5%, alors qu’il parlait encore en mars d’une croissance organique positive, avec un scénario plancher limité à -5%.
« Un environnement macroéconomique volatil influence le rythme de décision de nos clients », commente dans un communiqué Philippe Salle, PDG d’Atos. « Si cela affecte temporairement le calendrier de certaines concrétisations commerciales, cela ne remet pas en cause la dynamique sous-jacente de notre moteur de croissance ».
Le groupe attribue une partie de ce recul à la résiliation ou à la sortie de contrats à faible rentabilité, qui pèsent à eux seuls pour trois points de baisse. Il pointe aussi une progression plus faible que prévu en Amérique du Nord, où certains clients ont adopté une attitude attentiste. La région accuse une chute organique de 26,9% sur le trimestre. À l’inverse, le Royaume-Uni et l’Irlande font figure d’exception avec une croissance de 5,2%.
Parmi les signaux encourageants, Atos a enregistré 1,5 Md€ de nouvelles commandes sur le trimestre, soit un ratio prises de commandes sur chiffre d’affaires de 87%, contre 83% un an plus tôt. Le groupe souligne également une position de liquidité estimée à 1,74 Md€ fin mars, légèrement supérieure à celle de fin décembre, ainsi que le remboursement de 62 M€ de dette.
Même logique sur le plan opérationnel. Atos maintient son objectif de marge opérationnelle autour de 7 % en 2026, après 4,4% en 2025, en s’appuyant sur les effets de son plan Genesis. Le groupe affirme d’ailleurs avoir déjà atteint 2,1 Md€ d’économies, soit le montant qu’il visait initialement sur l’ensemble de la période 2025-2027, grâce notamment à la réduction des effectifs et à la revue de son portefeuille d’actifs.
Reste à voir si le point bas du chiffre d’affaires a été atteint ce trimestre et si Atos parvient à consolider son socle pour renouer avec une croissance rentable en 2027.