Après deux années de baisse du marché de l’emploi cadre, l’Apec entrevoit une inflexion positive en 2026. L’association prévoit 305.800 recrutements de cadres, soit une hausse de 4% après un recul de 3% en 2025. Ce rebond serait principalement porté par les services à forte valeur ajoutée (+6%), qui retrouveraient de la vigueur grâce à une amélioration attendue de l’investissement des entreprises.
Pour les activités informatiques et télécoms, l’Apec prévoit 60.100 recrutements de cadres en 2026, soit une progression de 5% sur un an. C’est un retour à la hausse après un exercice 2025 encore orienté à la baisse dans les activités informatiques (-4%), dans un contexte d’investissement atone. L’informatique resterait ainsi l’un des principaux moteurs de la reprise attendue dans les services à forte valeur ajoutée, aux côtés de l’ingénierie-R&D et du conseil.
Par fonctions, l’Apec souligne aussi que les cadres informaticiens demeureront, de loin, les profils les plus recherchés en France, avec 61.160 recrutements prévus en 2026, en hausse de 4%. Ce volume dépasse celui des fonctions études-R&D et commerciales. L’association relie directement cette demande persistante à trois chantiers jugés structurants pour les entreprises : la transformation numérique, le renforcement de la cybersécurité et la montée en puissance de l’intelligence artificielle.
Cette amélioration reste toutefois relative. Dans l’IT comme dans le reste du marché cadre, les niveaux attendus en 2026 ne permettent pas encore de retrouver les sommets de 2023 (330.400 recrutements). L’Apec note également que la reprise profiterait peu aux jeunes cadres. Pour l’ensemble du marché, les recrutements de profils ayant moins de six ans d’expérience ne progresseraient que de 1%, signe que les entreprises continuent de privilégier des candidats rapidement opérationnels.
Surtout, l’association entoure ses prévisions de réserves importantes. Elle estime qu’un enlisement du conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer une crise énergétique, relancer l’inflation, renchérir le coût du crédit et freiner l’investissement des entreprises. Dans un tel scénario, les trois moteurs de la croissance française — consommation, investissement et commerce extérieur — pourraient être affectés, ce qui remettrait en cause le rebond attendu du recrutement cadre, y compris dans l’IT.
