Amazon change d’échelle dans le satellite avec le rachat de l’opérateur Globalstar pour 11,57 milliards de dollars. Avec cette opération, le groupe accélère le développement de son propre réseau Amazon Leo (ex Projet Kuiper), en complétant sa flotte de satellites en orbite basse et son spectre de fréquences radio à portée mondiale. Il s’offre aussi un pionnier des satellites de communication directe avec les appareils (Direct to Device ou D2D), visant à assurer une connectivité sans faille depuis l’espace.

L’acquisition permettra « à Amazon Leo d’ajouter des services de livraison directe aux appareils (D2D) à son réseau satellitaire en orbite basse et d’étendre la couverture cellulaire aux clients situés au-delà de la portée des réseaux terrestres », souligne le groupe dans son communiqué.

L’objectif est d’apporter une alternative crédible à Starlink, le réseau de SpaceX qui domine actuellement le marché de l’internet spatial. Amazon vise toujours une constellation de 3.200 satellites d’ici 2029 , mais n’en comptait encore qu’un peu plus de 200 déployés début avril, auxquels s’ajouteront les 48 satellites de Globalstar. En face, Starlink exploite déjà un réseau d’environ 10.000 satellites et revendique plus de 9 millions d’utilisateurs. Le rachat de Globalstar ne change pas cet écart d’échelle, mais il donne à Amazon un raccourci industriel et réglementaire pour accélérer.

Amazon entend aussi se différencier par la qualité de ses services. Dans la lettre annuelle aux actionnaires, le directeur général Andy Jassy fait valoir des débits montants annoncés six à huit fois meilleurs et des débits descendants deux fois plus élevés que ceux aujourd’hui accessibles aux clients. Autre atout, une intégration native avec AWS, destinée à relier la connectivité satellitaire aux services de stockage, d’analyse et d’IA du groupe.

Pour mener à bien son offre de rachat, Amazon a dû composer avec Apple, qui détient 20% de Globalstar depuis 2024, après avoir investi 1,5 milliard de dollars. L’opérateur fournit déjà les fonctions satellite des iPhone et Apple Watch, qui permettent aux utilisateurs d’envoyer des SMS aux services d’urgence, des messages à leurs proches, de demander une assistance routière et de partager leur position. Amazon a donc sécurisé un accord avec Apple pour maintenir ces services et collaborer sur de nouveaux.

Au-delà du duel avec Starlink, l’opération confirme que le satellite entre dans une nouvelle phase. Il ne s’agit plus seulement de couvrir des zones blanches, mais aussi d’étendre les réseaux mobiles et de sécuriser des usages critiques. Amazon prévoit de finaliser l’acquisition en 2027 et grâce à elle déployer ses propres services de connectivité directe avec les appareils (D2D) à partir de 2028.