Si l’importance de la souveraineté numérique fait l’unanimité ou presque (98%) dans les discours, selon une étude menée par l’éditeur open source SUSE en France, en Allemagne, en Inde, au Japon et aux Etats-Unis, 52% des DSI ont mené des actions concrètes pour favoriser la résilience numérique de leur entreprise. Sur les cinq pays couverts par l’enquête, la France est le pays le plus à la traîne sur le sujet (39%), d’après l’étude.

45% des organisations du panel affirment avoir intégré des critères de souveraineté dans leurs appels d’offres et 42% ont choisi leurs fournisseurs sur cette base.

Pour autant, au moment d’arbitrer entre les différentes dépenses, les organisations interrogées privilégient des investissements dans l’IA plutôt que dans leur indépendance numérique. C’est un signal clair, selon Suse, que la pression qu’elles se donnent pour adopter l’IA pourrait dépasser leur capacité à en maîtriser les risques. 41% du panel admet n’agir concrètement en faveur de la souveraineté numérique que sous la pression de leur clientèle et des régulations en vigueur.

En dépit de leurs préoccupations liées à la souveraineté, 65% des entreprises s’appuient encore fortement sur des hyperscalers pour supporter leurs charges de travail. D’après une étude menée l’an dernier par le Cigref, les achats par les entreprises européennes de logiciels et de services de cloud états-uniens représentaient 264 milliards d’euros par an, soit 83% des achats IT en 2025.

« Les entreprises se disent contraintes d’arbitrer entre accélération de l’IA et souveraineté numérique alors même qu’il s’agit d’un faux dilemme », déclare Margaret Dawson, chief marketing officer de Suse, dans un communiqué. « L’IA souveraine permet de concilier ces deux enjeux, en intégrant contrôle, conformité et innovation au sein d’une même fondation technologique ». D’après Suse, la situation actuelle est une opportunité de migrer vers des architectures ouvertes et interopérables.

Méthodologie
L’étude a été menée auprès de 309 responsables IT dans cinq pays : France, Allemagne, Inde, Japon et États-Unis. Le panel couvre 13 secteurs d’activité. Les répondant·e·s n’étaient pas informé·e·s du sponsoring de l’étude par Suse.