Après avoir consolidé son modèle de revenus récurrents (voir les résultats du premier semestre 2026), Wallix entend accélérer en élargissant son terrain de jeu. L’éditeur français mise à la fois sur la demande croissante de solutions souveraines, son ancrage dans les environnements industriels, l’extension de sa plateforme à la gestion des identités, la montée en puissance de son réseau de partenaires   et l’accélération de ses opérations à l’international.

La souveraineté n’est plus seulement un argument commercial pour Wallix. Elle commence à peser directement dans les décisions d’achat, notamment au sein des secteurs critiques. « Sur les secteurs essentiels, on voit des grands comptes qui veulent changer leur environnement PAM existant pour des solutions souveraines », constatait Jean-Noël de Galzain, son président-directeur général (photo) lors de la présentation des résultats pour le premier semestre 2026. La Défense illustre cette évolution : les prises de commandes de Wallix dans ce secteur ont été multipliées par cinq en un an.

Cette appétence est renforcée par les réglementations européennes. Là où NIS2 est déjà transposée, Wallix observe une dynamique commerciale sensiblement plus soutenue. En France, son retard d’application entretient encore l’attentisme des PME et des sous-traitants, alors que les grandes entreprises ont généralement anticipé leurs obligations. La directive doit faire passer d’environ 300 à 15.000 le nombre d’entités françaises concernées.

Pour Jean-Noël de Galzain, il s’agit d’une « lame de fond » appelée à ouvrir les environnements les plus sensibles et à étendre le nombre d’utilisateurs couverts sur chaque compte. Wallix espère ainsi stimuler les ventes additionnelles auprès de sa base installée, qui affiche un taux de rétention supérieur à 95 % et un renouvellement en valeur supérieur à 100 %.

L’OT comme porte d’entrée dans les secteurs critiques

L’autre ressort de cette expansion est l’Operational Technology (OT). Historiquement positionné dans la protection des accès aux systèmes industriels, Wallix voit cette spécialité historique devenir un facteur de différenciation auprès des acteurs de l’énergie, des transports, des utilities et de la défense. L’OT représentait 19 % de l’ensemble des prises de commandes au premier semestre, contre seulement 5 % en 2022. Sa part atteint même 22 % parmi les nouveaux contrats.

Cet ancrage doit aider l’éditeur à progresser auprès des grands comptes, qui ne représentaient encore que 22 % de son chiffre d’affaires au premier semestre. Il lui permet également de se positionner dans des projets plus larges mêlant cybersécurité des identités, sécurisation des accès distants et protection des infrastructures industrielles.

Wallix cherche parallèlement à dépasser son cœur de métier historique du PAM (gestion des accès à privilège). Sa plateforme Wallix One doit progressivement regrouper la gestion des accès à privilèges, la gouvernance des accès et la gestion des identités. L’intégration en 2026 des technologies d’analyse comportementale de Malizen doit apporter une couche d’intelligence artificielle destinée à détecter les usages anormaux.

« En 2027, on sera en mesure de proposer une offre étendue combinant notre technologie de gestion des accès à privilèges augmentée à l’IA et notre offre autour de la gestion des identités », prévoit Jean-Noël de Galzain. L’enjeu est notamment de sécuriser la multiplication des identités non humaines : comptes de services, machines, applications et désormais agents d’IA.

Les grands intégrateurs se rapprochent de Wallix

Cette extension du périmètre s’accompagne d’une inflexion dans la stratégie de distribution. Fort de plus de 300 revendeurs et intégrateurs, dont 70 partenaires Elite, Wallix commence à nouer des alliances plus structurantes avec les grands intégrateurs mondiaux. « On voit des GSI, comme Deloitte ou Atos, qui viennent chercher Wallix dans le cadre de leurs démarches pour construire des chaînes de valeur souveraines complètes », souligne Jean-Noël de Galzain.

L’éditeur a recruté un responsable des alliances avec les GSI, pour accompagner ces derniers dans la structuration de leurs offres. Il déploie également de nouveaux outils et un programme partenaires visant à accroître leur autonomie. Un accord a été signé avec un intégrateur mondial en Allemagne, tandis qu’un autre partenariat est en cours d’extension d’une couverture nationale à une portée globale.

Wallix entend parallèlement accélérer son expansion européenne, avec une attention particulière portée à l’Allemagne. L’éditeur y a renforcé ses équipes et sa nouvelle vice-présidente channel y est basée ainsi que son responsable des alliances avec les GSI. Il s’appuie également sur la certification BSI obtenue en Allemagne et sur son adhésion à l’Alliance for Cyber Security et à TeleTrusT pour consolider sa présence locale.