Selon une étude du cabinet de conseil Lecko, en partenariat avec Ipsos, près de 30% des 500 salarié·e·s interrogées sont favorables à l’usage d’une alternative européenne aux solutions IT extraterritoriales. Elles y perçoivent la possibilité de moderniser leurs outils et pratiques en interne. Seul 10% du panel est contre.

Lecko confirme que les solutions européennes existent déjà. Et de citer, entre autres, Bluemind, eXo Platform, Jalios, Jamespot, Talkspirit ou Wimi. Toutefois, la transition n’est pas simple, précise Lecko : Le surcoût « doit être explicitement budgété et argumenté politiquement comme investissement de maîtrise ». Dans le déroulé, « c’est un programme pluriannuel découpé en lots et paliers, avec un effet de double run pendant une période incompressible ».

En Allemagne, un entrepreneur du nom de Robert Heinde a tenté l’expérience d’une infrastructure IT complètement souveraine quand il a créé sa start-up hank.parts, une place de marché européenne de pièces automobiles. Il précise ses choix dans un post de blog :

Pour ses équilibreurs de charge, ses machines virtuelles et son stockage objets compatible S3, il a opté pour l’allemand Hetzner tandis que Scaleway comble des lacunes telles que les registres de courrier électronique et de conteneurs.

Pour le CDN et les tâches liées à la périphérie, bunny.net offre son stockage distribué, du DNS, de l’optimisation d’images, du WAF et de la protection DDoS. 

Côté authentification, l’allemand Hanko propose des mots de passe, la connexion via les réseaux sociaux et la gestion des utilisateurs sans recours à Auth0 ou Clerk. 

Nebius fournit la capacité GPU pour l’inférence IA en Europe, sans envoyer de requêtes à un serveur aux Etats-Unis.

Pour la partie service, Robert Heinde a fait le choix de l’auto-hébergement au lieu du SaaS. « L’auto-hébergement demande-t-il plus de travail que le SaaS ? Evidemment. Mais cela signifie que mes données restent exactement là où je les ai placées et que je ne suis pas à la merci des changements de prix ou des conséquences de l’acquisition d’un fournisseur », affirme le fondateur de la start-up.

Par ailleurs, une longue liste d’outils (analyse, gestion des secrets, CRM, suivi des erreurs) a été auto-hébergée sur un cluster Kubernetes, Rancher faisant office de tour de contrôle.

« Les solutions européennes disponibles sont performantes », conclut-il, « mais s’y lancer implique encore pas mal de travail manuel ». « Vous bénéficiez d’un meilleur contrôle et souvent de factures moins élevées mais ça ne se fait pas en un claquement de doigts ».