Bruxelles durcit à nouveau le ton face à Meta dans le dossier de verrouillage de son application de messagerie WhatsApp. Dans une communication publiée le 15 avril, la Commission européenne indique avoir adressé au groupe une nouvelle communication de griefs sur les mesures provisoires qu’elle envisage afin de rétablir, le temps de l’enquête, l’accès des assistants d’IA tiers à WhatsApp, dans les conditions en vigueur avant le changement des conditions d’utilisation du 15 octobre 2025.

En cause, la réponse apportée par Meta début mars. Le groupe avait alors remplacé l’exclusion des assistants concurrents par un accès payant à WhatsApp. Une évolution que la Commission juge clairement insuffisante.

« Le fait de remplacer l’interdiction légale par le versement d’une redevance ayant un effet similaire ne change rien à notre conclusion préliminaire selon laquelle le comportement de Meta semble constituer un abus de sa position dominante susceptible de nuire gravement à la concurrence sur le marché des assistants d’IA », a déclaré la vice-présidente de la Commission Teresa Ribera.

Meta continue, de son côté, à défendre son dispositif en faisant valoir qu’un accès payant ne revient pas à fermer la plateforme. Le groupe soutient aussi qu’il ne souhaite pas faire supporter aux clients de sa solution Whatsapp Business le coût d’accès de fournisseurs d’IA concurrents.

La balle est de nouveau dans le camp de Meta, qui peut ajuster sa réponse. Mais en poursuivant la voie de l’application de mesures provisoires, la Commission montre qu’elle n’entend pas laisser le groupe verrouiller l’accès à WhatsApp pendant l’instruction du dossier.