Lors d’une conférence de presse le 26 mars à Bercy, Vincent Strubel, président de Cybermalveillance.gouv.fr et Jérôme Notin, directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr, ont présenté leur rapport d’activité 2025, en la présence d’Anne le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.
Pour la seconde année consécutive, Cybermalveillance.gouv.fr a dépassé le seuil de 5 millions de visites sur sa plateforme. L’audience cumulée du site est de 22 millions depuis sa création en 2017. Le dispositif national de prévention a franchi un cap, avec plus de 500.000 victimes assistées, soit une hausse de 20% par rapport à 2024.
Le rapport note une accélération des violations de données ciblant les organisations publiques et privées et entraînant l’exposition de données personnelles de millions de Français·e·s. « Ce phénomène s’est traduit par un bond de 107% des demandes d’assistance concernant les violations de données, tous publics confondus », selon l’étude.
Le hameçonnage figure au premier rang des menaces, tous publics confondus, en augmentation de 70%. Le piratage de comptes en ligne est en tête des menaces touchant les professionnel·le·s, en hausse de 45% par rapport à l’an dernier. 21% des demandes d’assistance de la part des entreprises concerne un piratage de compte.
Année après année, les fraudes au virement s’intensifient et se sont étendues à des domaines tels que la facturation électronique et la gestion de la paie en 2025.
La fraude au faux conseiller bancaire est en une forte progression avec quelques évolutions telles que l’hameçonnage au faux numéro d’opposition et le recours à la messagerie WhatsApp pour abuser des victimes.
Les escroqueries commerciales sont de hausse de 170%, notamment au travers de sites frauduleux qui ont proliféré en 2025. Avec les applications de vente en ligne, ils constituent le terrain de multiples malveillances telles que l’usurpation de services de paiement ou de plateformes de vente passant par l’appel de faux conseillers ou l’envoi de messages frauduleux.
Enfin, le cyber-harcèlement ciblant les collectivités (+209%) et les entreprises (+205%) tend à mettre à mal la réputation d’organisations qui se retrouvent parfois démunies face à de nouveaux modes opératoires tels que les avis négatifs fallacieux.
« Si 2025 nous montre que nous avons passé un cap avec plus d’un demi-million de victimes assistées, les conséquences de certaines menaces attestent qu’un seuil a été franchi par les cybercriminels. Avec un marché qui s’est structuré et qui a gagné en sophistication et en maturité, la perspective de 2026 augure encore de fortes vagues d’hameçonnage de plus en plus personnalisées, de piratages de compte et de violations de données qui vont nourrir des arnaques multiples et variées. Enfin, le contexte géopolitique instable et la frontière entre les mondes cyber et physique est devenue très poreuse. Ceci nous appelle plus que jamais à démultiplier la sensibilisation de nos publics et à mettre en œuvre les dispositifs permettant de renforcer significativement la protection cyber de tous les Français », commente Jérôme Notin, le directeur général de cybermalveillance.gouv.fr
Répartition des demandes d’assistance par public :
