Avis de tempête chez Kyndryl. L’action du géant américain des services d’infrastructure s’est effondrée de près de 55 % lundi à Wall Street au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels, accompagnée de déclarations troublantes sur sa gouvernance financière.

Ce plongeon est intervenu après l’annonce d’un audit interne de ses pratiques comptables et de la réception de demandes de documents de la Securities and Exchange Commission (SEC), déclenchant des inquiétudes sur la fiabilité de ses informations financières.

Kyndryl a reconnu prévoir de déclarer des « faiblesses matérielles » dans ses contrôles internes de reporting financier pour plusieurs périodes, y compris l’exercice clos en mars 2025 et les deux premiers trimestres de l’exercice 2026, en lien avec l’examen en cours engagé après des sollicitations de la SEC. Ce diagnostic a conduit la société à retarder le dépôt de son rapport trimestriel réglementaire.

« Nous coopérons pleinement avec la SEC. Nous n’anticipons aucun retraitement ni autre impact sur nos états financiers », a toutefois affirmé Martin Schroeter PDG de Kyndryl (photo).

La société a par ailleurs annoncé les départs du directeur financier David Wyshner, du directeur juridique Edward Sebold et du contrôleur financier mondial Vineet Khurana. Harsh Chugh, Mark Ringes et Bhavna Doegar ont été nommés pour les remplacer par interim.

A ce voile d’incertitude sur la gouvernance financière viennent s’ajouter des résultats mitigés. Kyndryl a publié pour le troisième trimestre de son exercice fiscal 2026 un chiffre d’affaires de 3,86 milliards de dollars, en hausse de 3 % sur un an à taux de change constant, mais sous les 3,89 milliards attendus par Wall Street. Le bénéfice net s’établit à 57 millions de dollars contre 215 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice par action ajusté ressort à 52 cents contre 60 cents visés par le consensus.

Cette performance modeste s’est accompagnée d’une révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour l’exercice complet, avec désormais une baisse anticipée du chiffre d’affaires de 2 % à 3 % contre une croissance de 1% prévue auparavant.

L’objectif d’un retour à une croissance rentable, visé depuis la scission avec IBM en 2021 et qui semblait à portée de main, ne sera toujours pas atteint sur l’exercice 2026. Pour Kyndryl, le plus urgent désormais est de rassurer sur la crédibilité des chiffres publiés et de restaurer la confiance.