Pari réussi pour Open Bee. Près de cinq mois après son placement en redressement judiciaire le 15 septembre dernier, l’éditeur a su prendre les mesures et trouver les ressources lui permettant de se projeter vers une sortie de crise rapide.

Premier motif de satisfaction pour la société, n’avoir pas perdu de clients et de partenaires significatifs. Certains ont revu à la baisse la durée de leur engagement, mais sans remettre en cause leurs relations avec l’éditeur. Open Bee revendique aujourd’hui près de 3.000 clients actifs sur ses solutions GED et une soixantaine de partenaires (parmi lesquels Konica Minolta, Orange, Xerox, Econocom, SCC ou Toshiba.

Surtout, l’activité commerciale n’a pas décroché, selon Vincent Lemaire, directeur général du groupe Doxsa, maison mère de l’éditeur (photo). Open Bee a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires quasiment équivalent à celui de 2024, avec un revenu attendu supérieur à 9 millions d’euros, contre près de 9,2 millions d’euros un an plus tôt, souligne-t-il. Mieux, l’exploitation est restée profitable.

L’élément déclencheur de cette procédure a été le revirement début 2025 d’Eurobail, le partenaire financier historique du groupe Doxsa, qui devait injecter près de 10 millions d’euros à son capital, afin de l’accompagner dans ses projets de croissance et ses acquisitions. Ce désengagement est intervenu alors que plusieurs investissements étaient déjà engagés – notamment le rachat de Veectoria (anciennement Skyged), intervenu mi-août –, créant une tension immédiate sur la trésorerie et rendant la procédure collective inévitable.

Pour faire face à cette situation, la direction du groupe a engagé dès l’automne 2025 un plan de de sauvegarde de l’emploi qui a impacté 25 % des effectifs, soit une vingtaine de postes, répartis sur l’ensemble des fonctions (développement, marketing, administratif).

Cette réduction de voilure s’est accompagnée d’un décalage de certains projets de développement. Mais l’éditeur explique avoir fait en sorte de préserver la qualité de service et la continuité opérationnelle en faisant monter en puissance ses équipes nearshore basées en Tunisie.

Toujours en période d’observation, Open Bee mise sur une prolongation de cette dernière mi-mars le temps de parachever sa restructuration financière. Après le PSE, il mène notamment des discussions avec plusieurs acteurs du financement pour leur céder ses contrats récurrents et augmenter ainsi son cash disponible. De quoi être confiant quant à l’issue de la procédure collective et rassurer les investisseurs potentiels qui se pressent déjà pour entrer au capital.

Malgré le redressement judiciaire d’Open Bee, Vincent Lemaire voit d’ores et déjà 2026 comme une année de rebond, portée par les synergies nées de l’acquisition de Veectoria et la généralisation de la facture électronique obligatoire au 1er septembre.

Société d’une vingtaine de personnes réalisant 700 K€ de CA, Veectoria apporte au groupe une expertise avancée en intelligence artificielle appliquée au traitement des documents qui va permettre à Open Bee de renforcer ses solutions GED en les dotant de nouvelles fonctionnalités d’intelligence documentaire tout en capitalisant sur un portefeuille d’une trentaine d’agents intelligents dont plusieurs sont déjà opérationnels.

Autre relais de croissance dont Doxsa attend beaucoup : après 18 mois d’investissements, le groupe vient d’obtenir sa certification de plateforme agréée pour la réception et l’émission de factures électroniques. Une nouvelle corde à son arc, qui va lui permettre de proposer des offres clé en main GED + facture électronique à sa clientèle de TPE, PME, et de démarcher les éditeurs de logiciels tiers avec un module de facturation électronique en marque blanche prêt à intégrer.