L’ESN française Capgemini se sépare de sa filiale Government Solutions (CGS) dédiée aux contrats avec les entités fédérales aux Etats-Unis.
Cette cession fait suite à la révélation, par l’Observatoire des multinationales, d’un contrat classifié de traçage de données signé en décembre 2025 entre CGS et l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police de l’immigration responsable des meurtres de deux citoyen·ne·s américain·e·s et de nombreuses violations de droits humains. L’existence de ce contrat entre CGS et l’ICE a provoqué l’indignation des salariés·e·s et des syndicats français la semaine dernière, ainsi que des déclarations du ministre de l’économie, Roland Lescure, et de la ministre des armées, Catherine Vautrin.
Dans un communiqué publié le 1er février 2026, Capgemini déclare avoir « estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux Etats-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale ».
L’activité de CGS représentait environ 0,4% du chiffre d’affaires mondial de Capgemini en 2025, soit une part marginale. Le groupe espère probablement redorer son blason en cédant immédiatement CGS.
Comme le souligne notre confrère de ZDnet, cette affaire montre qu’un groupe informatique ne peut prétendre à une IA éthique tout en hébergeant des activités occultes sous juridiction étrangère.