Microsoft renforce son partenariat stratégique avec Mistral AI. Le groupe américain a annoncé le 21 juillet un engagement de « plusieurs milliards » de dollars pour utiliser les capacités de calcul que la société française développe en Europe. Ses clients Azure pourront ainsi concevoir et exécuter des applications à partir des technologies et centres de données de Mistral.
L’accord prolonge le partenariat engagé en février 2024, lorsque Microsoft avait intégré les modèles de Mistral à Azure AI et investi 15 millions d’euros dans la jeune pousse. Il ne prévoit pas de nouvelle prise de participation. Il s’agit cette fois principalement d’un contrat d’utilisation d’infrastructures, qui doit apporter des revenus à Mistral tout en procurant à Microsoft des capacités supplémentaires en Europe.
Mistral a prévu de déployer plusieurs milliers de systèmes Nvidia Vera Rubin. La société vise parallèlement 200 MW de capacité de calcul en Europe d’ici à fin 2027, dans le cadre d’une feuille de route devant atteindre 1 GW à l’horizon 2030.
Le partenariat prévoit aussi l’intégration des derniers modèles de Mistral, Medium 3.5 et OCR 4, dans la plateforme de développement Microsoft Foundry. Le modèle Medium 3.5 est également disponible dans Copilot Studio. Les entreprises pourront ainsi sélectionner un modèle Mistral pour créer des applications ou des agents dans les environnements de développement et de gouvernance de Microsoft.
Les modèles pourront être déployés sur Azure, dans des environnements Azure Local connectés au cloud ou totalement déconnectés. Microsoft explique dans son communiqué que ce choix d’environnements de déploiement « permet aux organisations réglementées d’éviter une architecture IA fragmentée tout en bénéficiant du niveau de contrôle, de résilience et de connectivité adapté à leurs besoins ».
Certes, la localisation du calcul en Europe, le fonctionnement déconnecté, la conservation des données dans l’environnement du client et le recours à des modèles conçus par une entreprise européenne améliorent plusieurs dimensions de la souveraineté opérationnelle. Mais sans garantie de protection face à l’application des législations extraterritoriales américaines.
Les contours de l’accord restent aussi peu précis à ce stade. Microsoft et Mistral ne communiquent ni le montant exact de l’accord, ni sa durée, ni le volume de capacités réservé. La répartition des rôles dans la propriété, l’exploitation et la commercialisation des systèmes d’IA n’est pas davantage détaillée.