Le baromètre des salaires informatiques 2026 de Silkhom décrit un marché IT qui se polarise davantage qu’il ne se retourne. Les métiers de la data progressent fortement, tandis que certaines fonctions opérationnelles de la cybersécurité reculent. Dans la cyber comme dans l’IA, la valeur se déplace vers les profils capables d’architecturer, d’industrialiser et de gouverner les technologies.
Les tensions de recrutement ne garantissent plus automatiquement une hausse des salaires. C’est l’un des enseignements du baromètre 2026 de Silkhom, qui fait apparaître des évolutions très contrastées selon les métiers. « Le marché de l’emploi tech ne s’effondre pas, et il n’explose pas non plus. Il se raffine », résume Thomas Baverel, fondateur du cabinet.
Après deux années de prudence, les budgets informatiques repartent, mais les entreprises recrutent de manière plus ciblée. Il ne s’agit plus seulement d’accroître leurs capacités de production, mais de fiabiliser les systèmes d’information, de rationaliser les architectures et de mener les transformations sans fragiliser l’existant.
Les métiers de la donnée profitent pleinement de ce mouvement. Les Data Scientists enregistrent la plus forte progression salariale, avec une hausse de 11,8% sur un an, devant les Data Engineers, à +10,2%. À l’inverse, les rémunérations des DevSecOps reculent de 9,4% et celles des ingénieurs cybersécurité de 8,8%.
Ce tassement peut surprendre alors que la cybersécurité reste l’une des compétences les plus recherchées. Dans son enquête sur les intentions d’embauche 2026, Robert Half la place même en tête des priorités de recrutement tech pour 2026, citée par 47 % des recruteurs, devant le cloud à 44 %. Le cabinet classe également l’expert cybersécurité parmi les métiers IT les plus en tension.
Les deux constats ne sont toutefois pas incompatibles. Silkhom distingue une relative détente sur certaines fonctions opérationnelles et la persistance de fortes tensions au niveau stratégique. Après plusieurs années de surenchère et l’arrivée de nombreux profils formés en urgence, les rémunérations des ingénieurs cybersécurité et des DevSecOps reviendraient à des niveaux plus soutenables.
La valeur se déplace en revanche vers les fonctions de conception, de gouvernance et de résilience. Silkhom relève ainsi une progression des architectes réseaux et sécurité et intègre de nouveaux métiers spécialisés, comme ceux de pentester, d’ingénieur IAM ou d’architecte SOC. NIS2, DORA et l’AI Act renforcent ce mouvement en faisant de la sécurité une obligation de plus en plus structurante et documentée.
La même évolution s’observe dans le nouveau baromètre des métiers de l’intelligence artificielle. Le Prompt Engineer, fonction emblématique de la première vague d’IA générative, affiche une rémunération moyenne proche de 50.000 euros. À l’autre bout de l’échelle, le LLMOps atteint environ 85.000 euros et le Chief AI Officer près de 116.000 euros.
Cette hiérarchie reflète la maturation du marché. Les entreprises valorisent moins les profils capables d’expérimenter avec les modèles que ceux susceptibles de les mettre en production, de les sécuriser et d’en maîtriser les coûts et la gouvernance.
Construit à partir de plus de 25.000 candidats analysés depuis 2019 et d’une base de 300.000 profils, le baromètre Silkhom décrit ainsi un marché qui ne progresse plus en bloc. La valeur se déplace vers les expertises directement liées à la mise en production et à la maîtrise opérationnelle des technologies.




