Cisco franchit une nouvelle étape dans le déploiement de l’IA en entreprise. Le groupe vient de mettre à disposition de ses quelque 90 000 salariés dans le monde un agent IA personnel baptisé MyAgent, conçu pour les assister dans leurs tâches quotidiennes. Un déploiement à grande échelle encore rare dans les grands groupes.

L’objectif est notamment de rationaliser des usages de l’IA jusqu’ici dispersés entre différents outils. MyAgent peut résumer des courriels, préparer des réponses, analyser des informations ou encore suivre des écarts dans les prévisions commerciales. Il s’appuie pour cela sur les systèmes de l’entreprise et sur plus de 800 sous-agents spécialisés capables d’exécuter des tâches en arrière-plan.

L’agent est accessible depuis un ordinateur ou un terminal mobile, ainsi que directement dans la plateforme collaborative Webex. Il exploite en temps réel les données utiles à chaque salarié, dans la limite de ses droits d’accès existants. Cisco a par ailleurs retenu un fonctionnement dans lequel les agents restent attachés à leur utilisateur. Ils ne communiquent ni entre eux ni directement avec d’autres collaborateurs, et toute action externe doit être validée par une personne.

Le groupe a également mis en place plusieurs garde-fous pour maîtriser les risques liés à ce déploiement. Un serveur de politiques encadre l’accès aux données et interdit notamment leur utilisation pour entraîner des modèles tiers. Cisco surveille aussi de près le coût des requêtes, notamment avec des outils Splunk, et utilise un système de routage capable d’orienter chaque tâche vers le modèle jugé le plus adapté et le plus économique.

Selon Cisco, 50 à 60% des requêtes sont aujourd’hui traitées par des modèles à poids ouverts fonctionnant sur ses propres infrastructures GPU, tandis que 20 à 30% relèvent de mécanismes d’automatisation logicielle. Les modèles de fondation externes ne prendraient en charge qu’une faible part des traitements.

Avec MyAgent, Cisco cherche moins à automatiser totalement le travail de ses salariés qu’à généraliser un modèle d’assistance permanente par l’IA. Une expérience interne qui doit aussi lui servir de référence pour ses propres offres d’IA agentique destinées aux entreprises.