Résoudre le problème de la consommation d’énergie et d’eau des centres de données passe par la recherche de nouvelles solutions pour refroidir les systèmes. Des chercheurs et chercheuses de l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT), en Allemagne, et de l’université de Tsukuba, au Japon, publient dans la revue Nature leurs résultats positifs obtenus avec une technologie de refroidissement à l’état solide (« solid state cooling ») qui ne nécessite pas d’alimentation électrique ou d’eau.
Ce refroidissement élastocalorique repose sur des alliages à mémoire de forme, tels que des feuilles ultra-fines de nickel-titane, dont la température change lorsqu’elles subissent une charge ou une décharge mécanique, par le biais d’une transition de phase. Au lieu d’utiliser de l’électricité, cette technologie exploite la chaleur résiduelle générée par les objets à refroidir : les processeurs de PC, par exemple. Ainsi, la chaleur devient le carburant du système.
Des essais en laboratoire ont démontré que cette nouvelle technologie fonctionne mais de manière encore limitée.
« Le moment décisif a été de constater pour la première fois un refroidissement mesurable, généré par un système fonctionnant à partir de la chaleur », déclare Yi-Ting Hsiau, chercheuse doctorante au KIT.« Ce n’est qu’un début », ajoute Jingyuan Xu, le directeur du laboratoire ZEco Thermal du KIT qui travaille sur le chauffage et le refroidissement zéro émission. « En développant cette technologie à plus grande échelle, nous souhaitons mettre au point des systèmes de refroidissement compacts qui exploitent des sources de chaleur abondantes pour assurer un refroidissement durable ».
L’équipe de recherche prévoit désormais de construire des unités expérimentales plus grandes afin d’optimiser les performances de refroidissement. Bien que ces recherches n’en soient qu’à leurs débuts, elles pourraient s’avérer être une contribution précieuse à la réduction de l’empreinte énergétique du secteur IT. Il n’en demeure pas moins que le datacenter le moins polluant reste celui qui n’est pas construit.



