Le commissaire chargé de l’enquête publique à propos du projet de centre de données de Microsoft à Petit-Landau et Hombourg, dans l’agglomération de Mulhouse, vient de rendre un avis favorable ce lundi 24 août 2026.
Les contributions citoyennes à l’enquête publique ont pourtant été à 80% défavorables au projet. Des associations contestent également fortement cette construction d’un montant de plus de deux milliards d’euros, censé générer 200 emplois directs.
« Nous risquons de dérouler le tapis rouge à une entreprise étasunienne attirée par les bas coûts de l’énergie, qui va nous mettre dans une situation de colonisés », alertait récemment Annie de Larochelambert, présidente d’Alsace alter énergies, interrogeant la volonté politique de souveraineté numérique en France.
En début mai, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le patron de Mistral AI, Arthur Mensch, dénonçait lui aussi « une forme de monopolisation de la ressource énergétique européenne qui est en cours. […] Une fois que l’offre est monopolisée par les acteurs américains, nous, on n’a plus d’offre ».
Le site sur lequel la firme de Redmond a jeté son dévolu s’étend le long du Rhin sur environ 36 hectares de terres agricoles, dont un tiers cultivées en bio. Le datacenter de Microsoft devrait sortir de terre à partir de 2029 et consommer l’équivalent de 80% de l’énergie actuellement consommée par les ménages du Haut-Rhin pour faire fonctionner ses serveurs informatiques dédiés à l’IA générative, soit entre 1.500 GWh et 1.750 GWh par an.
Le commissaire enquêteur, Pierre Herzog, est un professeur agrégé d’économie. Il estime que « le projet va utiliser principalement de l’électricité décarbonée » et que « Microsoft ne bénéficiera pas d’un accès prioritaire à la ressource électrique au détriment des habitants du secteur ». Il n’est pas non plus prévu que le datacenter soit connecté à la nappe phréatique d’Alsace ni au Rhin mais il consommera chaque année quelque 5.000 mètres cubes d’eau prélevés sur le réseau d’eau potable.
Une des inconnues à ce jour reste la nuisance sonore de l’infrastructure à venir. Pour le commissaire enquêteur, cela ne doit pas remettre en cause le projet.




