Deux ans après le décès brutal de son fondateur Yves Samama, Stim Plus a retrouvé le chemin de la croissance. Tombé à 40 millions d’euros en 2024, le chiffre d’affaires du revendeur de Nanterre devrait franchir la barre des 50 millions cette année (en partie grâce à la forte hausse des prix des équipements, son budget ayant initialement été fixé à 47 millions d’euros). Un volume d’affaires que Stim Plus avait déjà dépassé avant la crise sanitaire et durant les années de rattrapage qui ont suivi.

Mais la disparition d’Yves Samama a de fait placé l’entreprise, fondée en 1991, devant un délicat problème de succession. Un problème que la famille du fondateur, qui en est toujours détentrice, a résolu en confiant la direction à son fils Roy Samama, et en recrutant un directeur du développement pour l’épauler dans les décisions stratégiques, l’animation interne et les relations avec les constructeurs.

C’est le rôle de Michael Albala qui a rejoint l’entreprise à l’automne 2024. Diplômé de l’EM Lyon, Michael Albala apporte une longue expérience du channel, acquise notamment au cours de ses vingt années passées chez HP où il dirigé le channel pour la France puis l’Europe du Sud, et lors de son passage au sein du grossiste UFP International comme directeur du développement France et international, où il était chargé de diversifier les activités.

Plusieurs initiatives ont été engagées depuis son arrivée. Stim Plus a d’abord transformé le rez-de-chaussée de son siège de Nanterre en showroom. Cet espace lui permet d’accueillir ses clients pour des démonstrations mais également de recevoir les constructeurs et les éditeurs pour leurs présentations et leurs formations. Elle y multiplie les ateliers, les rencontres et les opérations communes entre ses équipes commerciales et celles des constructeurs.

L’entreprise a ensuite renforcé sa cellule de prospection, chargée de la conquête de nouveaux clients. Elle s’est également attachée à faire grandir son business récurrent, en renforçant l’infogérance. Car avec environ 70 salariés et une activité négoce représentant encore de 60 à 65 % de ses revenus, Stim Plus demeure avant tout un revendeur.

L’entreprise a également développé une expertise dans la cybersécurité autour de marques telles que Mailinblack, Cyna, Palo Alto… « On a passé des certifications à la fois en vente et en technique pour pouvoir mettre en place des plans de reprise d’activité, de la double authentification, des SOCs… Autrement dit des solutions complète de cybersécurité répondant à toutes les exigences NIS2 », expose Michael Albala.

En parallèle, elle a poursuivi sa montée en puissance dans la téléphonie IP, via sa filiale Stim IP. Plus récemment, elle a engagé la refonte de son site marchand. Une ressource a été recrutée pour travailler sur son référencement dans les moteurs de recherche traditionnels, mais aussi dans les réponses produites par les assistants d’intelligence artificielle.

Mais c’est désormais dans la commande publique que Michael Albala voit le principal réservoir de croissance de Stim Plus. Celle-ci ne génère encore que 15 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, alors qu’elle pèse environ 35 % des dépenses informatiques françaises, estime-t-il.

Bien que l’accès au secteur public soit devenu difficile pour les revendeurs de taille intermédiaire du fait qu’une part croissante des achats transite par les centrales et groupements d’achat – lesquels exigent des niveaux minimaux de chiffre d’affaires et imposent des obligations de couverture –, Stim Plus dit avoir récemment remporté deux appels d’offres et obtenu l’accès à un important groupement établi dans l’ouest de la France.

Des résultats obtenus après des années de démarches et de consultations infructueuses. Pour se différencier face aux grands intégrateurs qui trustent les marchés publics, Stim Plus joue désormais la carte de la souveraineté en faisant valoir son capital intégralement français et son recours privilégié à des solutions françaises.

Mais le plus grand atout de Stim Plus, gage de sa longévité, réside dans la stabilité de ses relations commerciales. Certains de ses grands clients, parmi lesquels figurent des groupes du CAC 40, travaillent avec l’entreprise depuis quinze ou vingt ans.

À cette proximité s’ajoute une organisation – reposant sur un ERP maison – et une trésorerie lui permettant une très grande réactivité. Lorsque les constructeurs ont alerté sur les hausses de prix et les risques de pénurie à l’automne dernier, l’entreprise a ainsi très rapidement pris la décision d’anticiper des achats de matériel pour le compte de plusieurs clients, figeant ainsi leurs tarifs dans le temps et renforçant encore leur confiance.