Le groupe allemand Rohde & Schwarz réorganise ses activités réseaux et cybersécurité. Depuis le 1er juillet, ses deux filiales Lancom Systems et Rohde & Schwarz Cybersecurity sont réunies au sein d’une nouvelle entité, baptisée Rohde & Schwarz Networks & Cybersecurity. Objectif : proposer une offre intégrée de réseaux et de cybersécurité « made in Germany », combinant les équipements Lancom – routeurs, switches, WiFi, SD-WAN, firewalls et plateforme de supervision cloud – avec les expertises de cybersécurité de haute sécurité du groupe, notamment en chiffrement et communications sécurisées.
Avec cette nouvelle entité, Rohde & Schwarz entend capitaliser sur la montée des exigences de souveraineté numérique en Europe. En France, Rohde & Schwarz Networks & Cybersecurity s’appuie sur une implantation historique du groupe, qui compte une centaine de collaborateurs à Meudon-la-Forêt, elle-même adossée à un groupe familial allemand de plus de 15.000 personnes, présent dans 70 pays et réalisant plus de 3 Md€ de chiffre d’affaires. Cet ancrage doit permettre à la nouvelle entité de proposer une alternative européenne crédible aux grands fournisseurs extra-européens dans les infrastructures réseau et la cybersécurité.
Le rapprochement associe deux périmètres complémentaires. Lancom Systems, spécialiste allemand des infrastructures réseaux sécurisées, racheté par Rohde & Schwarz en 2018, incarne la dimension network de la nouvelle entité. Rohde & Schwarz Cybersecurity apporte pour sa part l’activité cyber du groupe, centrée notamment sur le chiffrement, la sécurisation des communications et les solutions de haute sécurité. Il convient toutefois de préciser que l’activité française de Rohde & Schwarz Cybersecurity issue de DenyAll ne fait plus partie du périmètre : l’éditeur français, racheté en 2017, a été revendu en 2022 au canadien TSS avant de devenir Ubika. Depuis cette cession, Rohde & Schwarz n’avait plus d’activité cybersécurité opérationnelle en France.
Côté réseaux, la marque est distribuée en France depuis une vingtaine d’années par Ipsteel, mais l’activité est restée confidentielle jusqu’à l’année dernière, lorsque le groupe a commencé à accélérer en élargissant sa distribution, avec l’arrivée de Kappa Data et d’EET, et en renforçant progressivement son réseau de partenaires.
La France est désormais identifiée comme un marché prioritaire. Denis Authier, VP International Sales de Lancom Systems (photo), explique que l’ambition est de faire de l’Hexagone un relais de croissance majeur après l’Allemagne, le Benelux, la Suisse et l’Autriche. Selon lui, la demande est portée par la multiplication des appels d’offres intégrant des critères d’alternative européenne, notamment dans le secteur public, les grands comptes et les centrales d’achat comme l’UGAP ou la CAIH.
Le positionnement souverain constitue le cœur de la proposition de valeur. Rohde & Schwarz Networks & Cybersecurity met en avant des produits conçus et fabriqués en Europe, administrés via un cloud également localisé en Europe. Pour les clients les plus sensibles – grands institutionnels, hôpitaux, administrations ou organisations critiques – ce management peut aussi être déployé en interne, dans leur propre datacenter, afin de conserver la pleine maîtrise de l’administration des équipements. Le groupe insiste également sur le fait qu’il maîtrise ses systèmes d’exploitation, un point jugé déterminant pour garantir l’absence de portes dérobées et assurer le contrôle de l’ensemble de la chaîne technologique, de la conception au pilotage des solutions.
Pour soutenir ses ambitions françaises, Rohde & Schwarz Networks & Cybersecurity entend structurer une équipe locale dédiée. Jusqu’ici, le développement de Lancom en France reposait principalement sur Denis Authier, basé en Allemagne, et sur Isabelle Sinegre, responsable des ventes pour la France. La filiale prévoit de porter son effectif français dédié à quatre personnes d’ici à la fin de l’année, au sein de l’organisation Rohde & Schwarz France.
La stratégie restera exclusivement indirecte. Denis Authier note que l’écosystème français se rapproche désormais de la centaine de partenaires et que, sous l’effet de la demande croissante d’alternatives européennes dans les appels d’offres publics et privés, ce sont désormais les intégrateurs eux-mêmes qui sollicitent la marque. « On voit arriver le channel, notamment le top 10 français, qui nous cherche », résume-t-il.