Les trois-quarts des modèles d’intelligence artificielle générative (IAg) ne font l’objet d’aucune information environnementale en France, constate l’Arcep. L’Autorité française de régulation va donc élargir sa collecte de données environnementales aux fournisseurs de services d’IAg, dans le cadre de son enquête annuelle intitulée Pour un numérique soutenable, publiée chaque année depuis 2020. En amont de sa campagne de collecte de 2027, elle annonce ouvrir une consultation publique à toutes les parties prenantes de l’IAg jusqu’au 30 septembre 2026.

Les indicateurs que l’Arcep veut collecter auprès des fournisseurs de services d’IA générative doivent permettre d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à ces services, de connaître les principales caractéristiques des modèles sous-jacents aux services d’IA générative les plus utilisés en France et d’évaluer les ressources mobilisées lors des phases d’entraînement et d’inférence, notamment le volume de calcul, le temps cumulé d’utilisation des processeurs et la consommation énergétique associée.

Les nouveaux indicateurs visent à mieux caractériser les conditions techniques de valorisation de la chaleur fatale en mesurant la part des centres de données en mesure de valoriser cette chaleur et la part des centres la valorisant effectivement. Ils visent aussi à évaluer l’influence des différents systèmes de refroidissement sur l’empreinte environnementale des centres de données et à transmettre à la Commission européenne les informations légalement requises. 

Selon les chiffres dont l’Arcep dispose pour l’année 2024, la consommation des datacenters dans l’Hexagone a été de 2,7 TWh en électricité, c’est-à-dire 2,7 milliards de kilowattheures. En janvier 2026, l’Ademe a recensé 352 datacenters en activité en France, dont la consommation annuelle totale était de 10 TWh. Une consommation de 10 TWh équivaut à l’électricité utilisée par 9 à 10 agglomérations de plus de 100.000 habitant·e·s en un an. En moins de deux ans, ce n’est plus du tout le même ordre de grandeur. En mai 2026, le gestionnaire du transport électrique RTE a recensé 80 nouveaux projets de datacenters pour lequel il a réservé près de 18 GW de capacité. « A l’horizon 2030, la trajectoire dans laquelle se projette la filière des centres de données est insoutenable », concluait une enquête d’une centaine de pages du Shift Project en octobre 2025. On verra à quelles conclusions parvient l’Arcep en début 2028, après sa campagne de collecte de 2027.