En dépit des efforts fournis par le secteur en matière d’efficience énergétique, l’impact négatif du numérique sur l’environnement continue de s’amplifier en France d’année en année. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la consommation électrique des datacenters français ont augmenté annuellement de 23% et 12% respectivement, selon la 5ème édition de l’enquête annuelle de l’Autorité de régulation des télécoms (L’Arcep), intitulée « Pour un numérique soutenable ». Il fut un temps où les tenants de l’IA envisageaient que la technologie serait capable, in fine, de réduire l’impact environnemental du numérique. Les années passent et les mesures effectuées montrent le contraire. Le bilan environnemental du secteur est accablant.
Depuis 2020, l’Arcep collecte des indicateurs auprès d’acteurs du numérique pour suivre l’évolution de leur empreinte environnementale. D’abord centrée sur les opérateurs de communications, l’enquête a inclus dans sa quatrième édition, en 2025, les équipementiers de réseaux mobiles. Cette année, l’étude porte à la fois sur les opérateurs de communications électroniques, les fabricants de terminaux informatiques, les opérateurs de centre de données et, pour la première fois, les fabricants de fibre optique.
Cette nouvelle édition du baromètre révèle que la hausse de la consommation électrique des datacenters ne correspond pas tant à leur multiplication en nombre sur le territoire français, qu’à l’expansion de leurs capacités de calcul, soit 20 MW en moyenne pour les centres de données ouverts en 2024, le double de la puissance moyenne des centres de données ouverts l’année d’avant. Bref, l’amélioration de l’efficacité énergétique ne fait pas le poids. L’étude montre par ailleurs que les constructions se concentrent dans l’Ile-de-France. Avec les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, les trois régions regroupent 90% de la puissance et de la consommation électrique totale des centres de données étudiés.
Le volume d’eau prélevée retrouve un niveau proche de celui de 2022, après une hausse exceptionnelle en 2023 en raison de travaux sur des sites anciens. Au total, 575.000 m3 d’eau, en quasi-totalité potable, ont été prélevés par les centres de données.
Méthodologie
Les entreprises interrogées sont celles dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 10 millions d’euros hors taxes ou dont la puissance de calcul installée dépasse 100 kW, et dont l’activité principale est la mise à disposition à des tiers d’infrastructures et d’équipements hébergés dans des centres de données – aussi appelées opérateurs de colocation et de co-hébergement. Sont donc exclus de fait les organismes qui disposent de leurs propres centres de données pour un usage interne.
