Avec  la diffusion des terminaux mobiles – smartphones et tablettes – les apps ont imposé un nouveau modèle de production et de consommation du logiciel et des services. Une révolution qui impacte les SSII.

 

Le modèle du Web n’avait pas véritablement changé depuis 1994 et les premiers navigateurs – Netscape et IE – même s’il avait bénéficié de nombreuses améliorations à la fois fonctionnelles et techniques. Mais avec les équipements mobiles, il subit une évolution majeure avec l’explosion des apps, ces petites applications gratuites ou payantes proposées désormais dans les différents écosystèmes, à commencer par ceux d’Apple, de Google et de Microsoft. Orienté d’abord sur le B2C, ce nouveau modèle gagne les entreprises.

Le nombre d’Apps téléchargées sur les mobiles depuis les App Store devrait passer de 64 milliards en 2012 à 102 milliards en 2013représentant un chiffre d’affaires de 26 milliards de dollars (18 milliards en 2012). C’est ce qu’indiquait récemment le Gartner dans une note sur le sujet (Les Apps sont l’avenir de l’Internet mobile). Une nouvelle enquête réalisée par CCA Benchmark et NPA Conseil montre la rapidité avec laquelle les équipements mobiles et leurs applications se sont diffusés. Selon GfK, 16 millions de smartphones et 6 millions de smartphones seront achetés en 2013. Les résultats de l’enquête révèlent une consommation frugale d’applications de la part des mobinautes français. Plus de 3 sur 5 disposent en effet de moins de 30 applications sur leur smartphone. Et toutes ne sont pas mises à profit puisque 3 mobinautes sur 4 affirment utiliser fréquemment 10 applications ou moins.

Des applications parviennent toutefois à se distinguer. On relève ainsi la notoriété des applis Google (près de deux mobinautes sur cinq mentionnent au moins une des applis du groupe – Gmail, Google Play, Google Maps ou YouTube), le top of mind (application la plus souvent citée en 1er) et la forte popularité de Facebook (en pole position dans le classement des applications préférées).

Passage au mode payant

 

32% des mobinautes déclarent avoir déjà téléchargé des applications payantes (avec une très forte surreprésentation des détenteurs d’iPhone). Cela recoupe les constats déjà effectués à l’étranger (les utilisateurs d’iPhone dépensent en moyenne 0,19$ par application contre 0,06$ pour les possesseurs de téléphone Android, source Flurry).

53% des mobinautes déclarent avoir déjà utilisé des applications pour effectuer des achats. Citée dans le top 3 des applications d’e-commerce par 32% des mobinautes, l’application Amazon arrive largement en tête de ce classement. Elle devance ainsi vente-privee.com, eBay, Fnac, leboncoin, Cdiscount et La Redoute.

Apps en haut, apps en bas

 

L’usage des technologies nouvelles commence désormais chez les utilisateurs en tant que particuliers, c’est désormais un grand classique en informatique. Mais cette diffusion dans le grand public exerce une pression sur les entreprises qui se doivent désormais de suivre, d’anticiper si elles le peuvent, ce mouvement et de répondre aux attentes (exigences ?) de leurs clients et salariés.

Car les apps vont déterminer la nouvelle façon pour les entreprises d’interagir avec leurs clients, leurs salariés, leurs partenaires. Sur le plan technologique, les apps redéfinissent la manière de créer, de distribuer et de consommer le logiciel. Il dépasse le modèle client/serveur fondée sur la navigation sur le Web et casse le schéma des applications monolithiques que l’on connaît depuis le développement de l’industrie du logiciel avec l’apparition des PC dans les années 80. Il remet au centre la notion d’API.

Les apps sont partout et le seront encore plus avec le développement de l’Internet des objets. Pour Computer Science qui vient de publier le rapport APPS REVOLUTION, les DSI vont repenser la gestion de la relation clients ou la conduite des opérations à l’aune de ce nouveau modèle d’informatique.

Pour l’heure, plusieurs options sont offertes pour le développement  des applications : native, web ou hybride. Mais avec l’amélioration des performances du coupe html5/javascript, la situation pourrait bien être amenée à évoluer, permettant  notamment de tirer parti du fameux « write one, run anywhere ».

C’est une opportunité à saisir pour les éditeurs de logiciels et les SSII pour tirer parti de cette révolution mais cela exige une approche que CSC qualifie d’ « OutsideIn », à laquelle ne sont pas prêtes toutes les entreprises, et des relations fortes avec les partenaires.

 

Direction mobile toutes

 

Pour la première fois, en 2011, plus de smartphones ont été vendus que de PC. Puis les tablettes sont apparues et on est entré dans l’ère du « mobile first » alors que jusqu’ici on se contentait de porter sur les mobiles les applications existantes sur les PC. Les apps sont spécifiquement développées pour les mobiles tirant parti des caractéristiques propres de ces terminaux. La première à laquelle on pense est évidemment est la géolocalisation mais ce n’est pas la seul loin de là. Il y a par exemple, la réalité augmentée. Bref, un nouveau monde est en train de s’ouvrir.

 

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