Le groupe de services numériques Blue Soft annonce l’acquisition de Roxys, une ESN spécialisée dans l’intégration des technologies Microsoft et la cybersécurité, implantée à Arras (Pas-de-Calais). Effective depuis le 20 octobre, cette opération permet au groupe de renforcer les compétences de son entité Empower, issue du rachat de Projetlys en 2019, tout en prenant pied dans les Hauts-de-France, une région où il cherchait à s’implanter depuis plusieurs années.
Créée en 2012 et dirigée par Christophe Dion et Éric Prévost, Roxys emploie 19 collaborateurs et prévoit de réaliser entre 3,7 et 3,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026. Ses activités couvrent notamment la gestion des identités, la sécurité des données, les environnements de travail collaboratifs, la gestion des postes de travail et la conduite du changement. « Ils font exactement le même métier qu’Empower avec peut-être une expertise un peu plus avancée sur les aspects cybersécurité et sécurité des données », résume Ludovic Hayat, fondateur et co-président de Blue Soft (photo).
Roxys va rejoindre le pôle d’expertise Microsoft de Blue Soft, qui compte actuellement entre 80 et 90 collaborateurs. L’objectif est notamment de permettre à la société nordiste de s’appuyer sur les références et la capacité commerciale du groupe pour accéder à des marchés jusqu’ici hors de sa portée. En retour, Blue Soft pourra s’appuyer sur Roxys pour déployer ses autres offres dans les Hauts de France. Les deux dirigeants de Roxys restent aux commandes de leur société, dont Blue Soft a acquis la totalité du capital.
C’est la deuxième acquisition réalisée par Blue Soft cette année. Au premier trimestre, le groupe avait déjà repris Wemoov, une ESN d’environ 60 collaborateurs implantée à Nantes, Rennes et Angers, spécialisée dans les infrastructures et réalisant entre 6 et 7 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Ce rachat lui a permis de consolider sa présence dans le Grand Ouest, en complément de son implantation à Niort. Avec Roxys, Blue Soft étend désormais son maillage à neuf points de présence en France.
Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie de croissance conjuguant développement organique et acquisitions ciblées. Depuis sa création en 2008, Blue Soft a ainsi réalisé plus d’une vingtaine d’acquisitions. Jusqu’en 2023, cette stratégie lui a permis d’engranger une croissance annuelle comprise entre 10 et 20 % par an, l’amenant à franchir le seuil des 107 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année-là. Mais le ralentissement du marché des services numériques a depuis contrarié cette trajectoire.
Malgré l’acquisition du spécialiste de la qualité logicielle TSI Consulting Services fin 2025, une société d’une soixantaine de personnes réalisant 3,4 M€ de facturations annuelles, son chiffre d’affaires est resté stationnaire pendant deux ans, s’établissant à 106 millions d’euros en 2025, pour un effectif d’environ 950 collaborateurs.
Pour l’exercice 2026, Ludovic Hayat anticipe néanmoins un retour à la croissance, avec une progression organique de l’ordre de 5 %, complétée par la contribution des acquisitions. Le groupe devrait ainsi atteindre environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une hausse de 13 % par rapport à 2025. Une performance jugée satisfaisante par son dirigeant dans un marché marqué par les incertitudes économiques et politiques et la transformation des métiers sous l’effet de l’intelligence artificielle.
Pour 2027, l’un des principaux chantiers de Blue Soft sera précisément d’accélérer l’intégration de l’IA dans ses métiers historiques et de structurer de nouvelles offres de services autour de l’IA. Si l’ESN a déjà largement recours à l’intelligence artificielle dans les projets de développement applicatif de sa Digital Factory – via notamment la technologie de Prisme.ai –, le groupe travaille encore à la conception d’offres packagées dans les domaines des infrastructures, son principal pôle d’activité, et le conseil.



