Les multinationales étasuniennes de la tech ont bien du mal à concilier leurs objectifs climatiques avec leurs ambitions en matière d’intelligence artificielle (IA), même si elles déclaraient jusqu’à peu que l’IA était une solution à l’urgence climatique.
Google s’est engagé à atteindre la neutralité carbone pour l’ensemble de ses opérations et de sa chaîne de valeur d’ici 2030. Toutefois, le journal québécois Le Devoir remarque que le géant de Mountain View a retiré de son rapport 2026 la feuille de route qui indiquait les étapes intermédiaires à atteindre avant 2030.
Les émissions totales de Google ont bondi de 82% depuis 2019, dont +18% sur la seule année écoulée, d’après le dernier bilan environnemental annuel du géant de Mountain View. En 2025, Google admet avoir rejeté 18,8 millions de tonnes équivalent CO2, provenant de ses datacenters et de ses bureaux, mais surtout de la fabrication de processeurs et de la construction de nouveaux hyperscalers pour héberger les données.
« Notre déploiement d’infrastructures d’IA s’accélère actuellement plus vite que le réseau électrique ne se décarbone », déclare Kate Brandt, la directrice RSE de Google, dans le bilan du groupe. Les émissions de GES de Google augmentent plus vite que ses ventes.
Amazon a également publié son dernier bilan environnemental annuel la semaine passée. Même constat : ses émissions de GES ont grimpé de 58% sur la même période, dont +16% en un an. Amazon a émis 80,85 millions de tonnes équivalent CO2 du fait de ses activités. Pour mémoire, le groupe a promis d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. On peut sérieusement en douter à ce jour étant donnée la direction prise.
L’essentiel de la pollution de Google et Amazon est indirecte : 85% de l’empreinte de Google et 76% de celle d’Amazon proviennent de leurs chaînes d’approvisionnement, dépendantes aux énergies fossiles et principalement situées en Asie.
Selon la dernière étude de l’ONU, les centres de données ont consommé 448 térawattheures d’électricité en 2025. S’il constituait un pays, l’ensemble des datacenters dans le monde figurerait au 11ème rang mondial de la consommation d’électricité, juste derrière la France.
Pour mémoire, le 23 juin dernier, le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les géants de l’IA à dire toute la vérité sur le coût environnemental des centres de données et à s’alimenter complètement en énergies renouvelables d’ici 2030.