Le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique (CIAnum) publie un rapport de 95 pages intitulé « Souveraineté numérique : de l’urgence d’organiser la coopération entre le public, le privé et les communs numériques ». 

« Le numérique est dominé par une poignée d’acteurs qui contrôlent, sans contre-pouvoir, des outils omniprésents dans nos vies quotidiennes », résume-t-il, après avoir compilé les retours d’« une trentaine de parties prenantes issues du secteur public en France et en Europe, du secteur privé, de l’écosystème des communs numériques, du logiciel libre et de l’open source, des fédérations professionnelles et de la recherche ».

Le rapport propose une feuille de route vers une meilleure coordination public-privé-communs. Il préconise notamment la création d’une Fabrique des Communs Numériques,« via une cartographie dynamique des dépendances, de fédérer les acteurs publics, privés et communautés des communs numériques et de piloter le développement et la pérennisation de briques ouvertes co-construites ». Celle-ci pourrait associer « l’Etat, la Caisse des Dépôts et Consignations, les associations de collectivités, les DSI des grandes entreprises privées, ainsi que les représentants des fournisseurs de solutions et représentants des communautés des mainteneurs qui font vivre les communs numériques au quotidien ».

Pour Olivier Lambert, le cofondateur du spécialiste français open source de la virtualisation Vates, ce rapport du CIAnum reconnaît explicitement la dépendance critique de l’Europe aux infrastructures étasuniennes et « marque un tournant dans le débat français et européen », avec « la fin d’une vision purement théorique de la souveraineté numérique ». La crise VMware/Broadcom a joué un rôle dans cette prise de conscience, selon lui. « La souveraineté ne se joue pas dans les discours, elle se joue dans les infrastructures critiques et les couches basses que l’on maîtrise réellement », souligne-t-il, tout en appelant à structurer une stratégie fondée sur l’open source, les standards ouverts et les alternatives européennes interopérables.