HPE a publié un solide troisième trimestre fiscal 2026, avec des revenus, des commandes et une rentabilité à des niveaux records. Le groupe relève dans la foulée ses prévisions pour 2026 et 2027, porté par les serveurs et l’intégration de Juniper Networks. Une performance qui n’a pourtant pas convaincu les investisseurs, préoccupés par les tensions persistantes sur les composants. La publication est aussi partiellement éclipsée par celle encore plus spectaculaire de Dell quelques jours plus tôt.

Pour son troisième trimestre clos fin juillet, HPE a réalisé un chiffre d’affaires record de 12,2 milliards de dollars, en progression de 34% sur un an. Le bénéfice ajusté par action atteint 1,11 dollar, contre 44 cents un an plus tôt. En normes GAAP, il ressort à 1,06 dollar.

La marge brute GAAP bondit de 10,9 points à 40,1%, tandis que la marge opérationnelle passe de 2,7% à 11,4%. En données ajustées, cette dernière atteint 16,2%. HPE a par ailleurs généré 1,6 milliard de dollars de trésorerie opérationnelle et 1 milliard de dollars de flux de trésorerie disponible.

Les serveurs progressent de 35%

La division Cloud & AI, qui regroupe l’essentiel des activités serveurs, stockage et services financiers, voit ses revenus progresser de 25,4% à 9 milliards de dollars. Sa marge opérationnelle atteint 17%, contre 7% un an plus tôt.

À l’intérieur de cet ensemble, les ventes de serveurs progressent de 35,3% à 6,8 milliards de dollars. Le stockage gagne 10,2% à 1,3 milliard, tandis que HPE Financial Services reste quasiment stable à 900 millions de dollars.

La performance reste toutefois moins spectaculaire que celle publiée par Dell. Son concurrent a vu les revenus de sa division Infrastructure Solutions Group bondir de 89% à 31,8 milliards de dollars et a annoncé 60,9 milliards de dollars de nouvelles commandes de serveurs IA ainsi qu’un carnet de commandes de 95 milliards.

Juniper fait décoller les réseaux

L’activité réseaux est catapultée par l’acquisition de Juniper Networks. Le chiffre d’affaires de HPE Networking s’envole de 74,9% à 2,9 milliards de dollars.

Les ventes de campus et d’agences progressent de 31% à 1,4 milliard de dollars. Le réseau de datacenter fait plus que doubler, à 382 millions de dollars, tandis que la sécurité augmente de 75,6% à 281 millions. Le routage affiche la progression la plus spectaculaire, avec un chiffre d’affaires de 788 millions de dollars, en hausse de 270%.

HPE a par ailleurs annoncé l’extension de sa collaboration avec Oracle, qui va déployer les technologies réseau Juniper dans plusieurs de ses centres de données IA à travers le monde.

Des prévisions relevées

Pour l’ensemble de l’exercice 2026, HPE table désormais sur une croissance comprise entre 34% et 37%, contre 29% à 33% précédemment. Le bénéfice ajusté par action est attendu entre 3,75 et 3,85 dollars et le flux de trésorerie disponible à au moins 3,75 milliards.

Pour 2027, le constructeur vise une croissance des revenus de 13% à 17%, contre 8% à 12% auparavant, ainsi qu’une progression de 16% à 20% du bénéfice ajusté par action.

Ces perspectives n’ont pourtant pas suffi à rassurer Wall Street. Après la publication, le titre HPE a perdu plus de 10% en ouverture de séance jeudi, avant de se redresser partiellement. Les investisseurs s’inquiètent notamment des tensions persistantes sur les approvisionnements en mémoire, NAND, processeurs et disques durs, qui limitent la capacité du groupe à satisfaire une demande pourtant très soutenue pour les infrastructures IA.

La comparaison avec Dell ne joue pas non plus en faveur de HPE. Son rival vient de relever fortement ses objectifs et anticipe désormais 74 milliards de dollars de revenus liés aux serveurs IA, contre 60 milliards auparavant, une annonce saluée par une hausse proche de 11% de son titre. HPE accélère donc lui aussi dans l’IA, mais reste davantage contraint par ses capacités d’approvisionnement alors que Dell semble capter plus rapidement l’explosion de la demande.