Plusieurs faits marquants ont ponctué l’année 2021 pour Spie ICS : le retour à une dynamique de conquête commerciale forte, le rachat d’Infidis, la mise en œuvre du plan stratégique 2021-2025, l’affirmation de ses ambitions en matière de responsabilité sociale et le lancement du chantier de fusion de ses entités juridiques. Retour sur ces temps fort avec Xavier Daubignard, son directeur général.

Channelnews : L’année 2021 se termine, l’heure des bilans commence. L’année 2020 avait été marquée par une légère baisse de l’activité pour Spie ICS. Comment se présente 2021 ?

Xavier Daubignard : L’exercice 2021 aura été plutôt de bonne facture. Spie ICS devrait revenir à un chiffre d’affaires et à un niveau de résultat proches de ceux de 2019. Et encore, la production aurait pu être bien meilleure sans les pénuries de composants qui ont pénalisé notre capacité à délivrer. Des pénuries d’autant plus dommageables que près de 45% de notre chiffre d’affaires se fait sur les métiers de l’intégration où la part des matériels est prépondérante. De fait, les prises de commandes de l’année 2021 sont nettement supérieures à celles de 2019. L’entreprise devrait ainsi enregistrer une croissance de 7% de ses prises de commandes. La conquête commerciale a bien fonctionné et nous avons fidélisé nos clients existants sur les contrats d’infogérance.

Channelnews : Pensez-vous que ces problèmes d’approvisionnement vont se résorber rapidement ?

Xavier Daubignard : C’est un sujet d’inquiétude. On ne voit pas la situation s’améliorer sur le premier semestre 2022. Ni même au deuxième semestre. Actuellement les livraisons se gèrent au jour le jour, référence par référence. Les délais se sont sensiblement allongés. On le voit dans notre arriéré d’activité qui a considérablement grossi.

Channelnews : Spie ICS vient de finaliser l’acquisition d’Infidis annoncée en juillet. Pourquoi Spie ICS s’est positionné sur cette opération et comment compte-t-il intégrer son acquisition ?

Xavier Daubignard : Infidis permet de conforter notre pôle datacenter qui est l’un de nos axes de développement stratégiques. Ce pôle devient le premier pôle d’activité de Spie ICS avec 150 M€ de chiffre d’affaires annuel. Avec Infidis, l’entreprise compte une centaine d’experts des datacenters et de l’hyperconvergence. Infidis va aussi permettre à Spie ICS de se renforcer sur le secteur de la banque/assurance, sur lequel Infidis réalise 45% de ses facturations et qui constitue l’un des secteurs clés pour l’entreprise. L’objectif est désormais de faire prendre à Infidis la même trajectoire que celle prise par S-Cube depuis son rachat en 2018 en lui faisant vendre de plus en plus de services associés. Spie ICS va s’efforcer de redéployer son offre de services associés (services managés, veille sécurité, conseil en numérique responsable, maintenance…) sur la base clients de d’Infidis.

Pour autant, il n’est pas prévu de fusionner Infidis tout de suite avec les autres entités de Spie ICS. C’est un peu prématuré. Il y a une volonté d’intégrer sans brusquer, sans diluer. Il faut laisser le temps aux équipes d’Infidis de comprendre le fonctionnement global de l’entreprise.

Channelnews : Vous avez annoncé au début de l’année un plan stratégique pour la période 2021-2025. Où en êtes-vous de sa mise en œuvre ?

Xavier Daubignard : En effet, nous avons annoncé un plan de développement reposant sur six axes stratégiques : le Cloud et les services managés, les marchés verticaux, la cybersécurité, les datacenters et le Edge, le data management et la responsabilité sociale et environnementale. Ces différents axes de développement ont trouvé leurs premières traductions au cours de l’année : nous avons par exemple nommé sept key sector managers pour développer nos parts de marchés sur des secteurs clés (défense, santé, banque-assurance, utilities, retail, transports et industrie). Nous avons inauguré à Grenoble un centre de services national dédié aux services managés. C’est au sein de ce centre que nous prévoyons d’ouvrir notre SOC (centre de sécurité opérationnel) en 2022. L’acquisition d’Infidis est venue renforcer, comme on l’a vu, notre pôle datacenters. Et l’affirmation de nos ambitions en matière de responsabilité sociétale s’est matérialisée par notre labellisation numérique responsable [officiellement annoncée ce jour], la signature des manifestes Planet tech’Care et Femmes du numérique, et par un certain nombre d’autres initiatives.

Channelnews : pouvez-vous nous donner un aperçu de ces différentes initiatives ?

Xavier Daubignard : Nous organiserons en janvier 2022 (avec l’ensemble des filiales de Spie France)  la première journée de la sobriété numérique et nous nous sommes lancés dans le chantier de l’allongement de la durée de vie de nos équipements (PC, serveurs, imprimantes…) en mettant en place des solutions de maintenance adaptées. Nous avons également mis en place une boucle de réutilisation et de recyclage de nos équipements en signant des partenariats avec des acteurs spécialisés. Ces sujets prennent de plus en plus place dans nos discussions avec les DSI. Spie ICS est d’autant plus légitime pour en parler qu’à côté de son métier de transformation numérique, le groupe Spie est également positionné sur l’efficacité énergétique. D’où la nouvelle mission que s’est assignée Spie ICS de devenir le partenaire de la transition énergétique et de la transformation numérique de ses clients. Autre facteur de légitimité du groupe Spie en la matière : 41% de son activité est située en « part verte » (green share) au regard de la taxonomie européenne et contribue à ce titre à la réduction des émissions de carbone. À noter que Spie a progressé dans ce classement en passant de 37% à 41% de part verte entre 2019 et 2020 et qu’il prévoit d’atteindre 50% en 2025. Le groupe s’est également engagé à réduire son empreinte carbone directe de 25% à cet horizon.

Channelnews : Autres grand chantier initié en 2021, celui de la fusion de vos différentes entités juridiques. Pourquoi ce chantier et quelles conséquences pour les salariés ?

Xavier Daubignard : En effet, Spie ICS a initié un projet de rationalisation juridique visant à rapprocher quatre des cinq entités juridiques (Spie ICS, Spie Infoservices, Spie Cloud Services et S-Cube). Ceci afin de mettre en cohérence l’organisation juridique avec notre organisation opérationnelle et d’harmoniser les statuts des salariés. Evidemment, cela génère un peu d’émotion chez les élus mais nous avons pris l’engagement qu’il n’y aurait pas d’impact sur l’emploi et les rémunérations. Le seul impact notable va concerner les 850 salariés de Spie ICS qui sont historiquement sous convention métallurgie et que l’on souhaite basculer sous convention Syntec, sous laquelle sont les autres salariés du groupe. On en a donc profité pour lancer des négociations afin de définir un nouveau statut collectif qui soit équilibré et attractif pour tout le monde. La fusion devrait être finalisée au 30 avril. Les négociations conventionnelles se poursuivront au-delà de cette date. Nous prendrons le temps qu’il faut pour que les choses se fassent en bonne intelligence.

Channelnews : Avez-vous établi vos objectifs de croissance pour 2022 ?

Xavier Daubignard : Appartenant à un groupe coté, je ne peux pas dévoiler les objectifs de Spie ICS. Ce que je peux dire néanmoins, c’est que Spie ICS dépasse déjà la cible de croissance qui lui a été fixée pour 2022 grâce à l’acquisition d’Infidis. Je suis convaincu qu’on pourra continuer sur la dynamique de croissance actuelle. La période est très favorable aux entreprises du numérique, qui plus est pour celles qui s’engagent en matière de responsabilité sociétale et d’efficacité énergétique.