Le dernier rapport Global Data Center Trends 2026 de CBRE confirme la tension persistante sur le marché européen des data centers. Sur les quatre grands hubs — Londres, Francfort, Paris et Amsterdam — l’offre cumulée a progressé de 18,9% sur un an au premier trimestre 2026. Mais la demande croît encore plus vite : l’absorption nette a bondi de 90%, à plus de 572 MW, tirée par la demande en matière d’IA et d’infrastructures hyperscale.

Francfort et Londres concentrent l’essentiel de la dynamique, avec respectivement 218 MW et 208 MW d’absorption nette. Paris reste néanmoins l’un des marchés structurants en Europe. CBRE observe que, comme à Francfort, son développement tend à s’étendre vers les territoires périphériques, où l’accès au foncier et à l’électricité est plus aisé. Le critère clé n’est plus seulement l’emplacement ou la connectivité, mais la capacité à raccorder rapidement les nouveaux sites.

La croissance de la demande maintient également des taux de vacances bas, avec une moyenne de 7,3% en Europe au premier trimestre. Stable, Francfort a affiché le taux le plus bas de la région à 5 %. Paris, dont le taux de vacance est traditionnellement élevé, a enregistré la plus forte baisse, à 6,7 % contre 7,7 % un an plus tôt. Elle devance ainsi Londres (8,6%) et Amsterdam (9,4%).

Cette rareté continue de tirer les loyers vers le haut. À Francfort, les tarifs atteignent désormais jusqu’à 225 euros par kW et par mois pour des besoins de 250 à 500 kW. À Londres, le prix maximum ressort à environ 170 livres par kW et par mois. Amsterdam illustre les limites des hubs saturés, avec une croissance de l’offre limitée à un peu plus de 11% sur un an, freinée par les contraintes d’alimentation électrique et les restrictions sur les grands projets.

Dans ce contexte, CBRE estime que la France dispose d’atouts pour capter une partie de la demande liée aux data centers et à l’IA : une énergie largement décarbonée, des coûts compétitifs et une position centrale en Europe. « Si Paris demeure le principal pôle d’attraction, les régions gagnent en attractivité grâce à leur capacité à proposer un foncier plus important et des délais de raccordement plus courts », souligne Séraphin Bravard, Head of Data Centre Solutions France chez CBRE.

La situation profite aussi au nouveau hub émergent qu’est Lisbonne. Encore relativement modeste avec un peu plus de 50 MW d’offre, ce dernier suscite un intérêt croissant grâce à des coûts compétitifs en énergie renouvelable et une meilleure disponibilité électrique. Son potentiel de capacité pourrait décupler à 500 MW d’ici 2030 selon l’étude.