Suite du procès intenté par Tesco, la chaine britannique de supermarchés, contre l’éditeur VMware, son acquéreur Broadcom et le revendeur Computacenter, pour rupture de contrat de licences. Le géant de la distribution alimentaire annonce effectuer une migration forcée vers une alternative à la solution de virtualisation de Broadcom-VMware et n’hésite pas à communiquer au sujet de cette « marche forcée », même s’il n’apporte pas de détail sur la ou les options choisies. Il souligne « les coûts importants pour acquérir des solutions alternatives aux fonctionnalités réduites et migrer vers ces logiciels d’une manière et dans un délai qui engendrent des risques considérables pour son activité ».

Tesco estime que sa migration vers la nouvelle option sera achevée fin 2027. Cette échéance coïncide plus ou moins avec le début de l’audience du procès avec Broadcom en novembre 2027. D’ici là, le coût total de la migration devrait être connu et l’équipe juridique de Tesco en mesure de présenter des estimations de dommages-intérêts conséquents. En septembre 2025, Tesco demandait 100 millions de livres sterling (soit 135 millions d’euros) chacun à Broadcom, VMware et Computacenter en dommages-intérêts et précisait que plus le litige persisterait, plus les dommages-intérêts augmenteraient.

Le média britannique The Register rappelle que Tesco existe depuis bien plus longtemps que Broadcom – 70 ans environ – et génère plus de bénéfices. Son chiffre d’affaires atteint 73 milliards de livres sterling (96 milliards de dollars) contre 64 milliards de dollars (48 milliards de livres sterling) pour Broadcom. Le groupe a donc les ressources nécessaires pour croiser le fer avec Broadcom. Fait intéressant : la chaîne de supermarché a elle-même été en position dominante, comme Broadcom aujourd’hui, et en a payé les frais. En effet, Tesco a dû payer une amende de 1 million de livres sterling et restructurer sa facturation fournisseurs il y a 10 ans, après avoir traité ses fournisseurs de manière déloyale, en retardant les paiements, en effectuant des retenues unilatérales et en se livrant à des pratiques de facturation abusives. D’après The Register, il y a toutes les chances que Broadcom cède face à Tesco, soit sur le perron du tribunal, soit bien avant, dans le cadre d’un accord discret.