Selon la dernière étude du groupe Altares sur les défaillances et sauvegardes d’entreprise, le secteur des technologies de l’information et de la communication a limité la casse au premier trimestre 2026. Alors que le nombre total de défaillances d’entreprises a progressé de plus de 6% en France, à 18 986 procédures ouvertes, la branche TIC a quasiment stabilisé la situation, avec une hausse limitée à 1%. Sur douze mois glissants, le pays dépasse désormais 71 000 défaillances, un niveau inédit.

La dégradation est notable dans les activités d’information et communication, qui enregistrent 575 défaillances au premier trimestre (+6 %) et plus encore dans les services informatiques, avec à eux seuls 400 défaillances (+8 %). La hausse est tirée par la dégradation rapide de la programmation (+10%) tandis que le conseil fait à peine moins bien (+9%). Autrement dit, le numérique résiste mieux que la moyenne nationale mais une partie des activités entre dans une phase plus tendue (voir tableau en fin d’article).

La fragilité reste d’abord celle des plus petites structures. Au niveau national, les microentreprises de moins de trois salariés concentrent 75 % des procédures ouvertes, avec 14 311 défaillances sur le trimestre (+11,2 %). Dans les TIC, la logique est proche : les entreprises de moins de trois salariés représentent 69 % des défauts du secteur, signe que la pression se concentre d’abord sur les acteurs les moins capitalisés et les plus exposés aux à-coups de trésorerie.

Ce constat rappelle une réalité souvent observée dans les services numériques : faire de la croissance ne suffit pas. Encore faut-il générer du cash, absorber l’allongement des cycles de paiement et préserver un minimum de trésorerie. Altares souligne d’ailleurs que les très petites entreprises, souvent faiblement capitalisées, restent particulièrement vulnérables dans un environnement dégradé, où les retards de paiement jouent un rôle d’accélérateur du risque.