A l’occasion du Forum InCyber qui se tient jusqu’au 2 avril 2026 à Lille, le groupement français Hexatrust publie un livre blanc de 56 pages dédié aux plateformes collaboratives et plus particulièrement à la déconstruction de 7 idées reçues sur les solutions souveraines.
« Entendre à longueur de temps que les solutions made in France ne sont pas matures, qu’elles offrent moins de fonctionnalités, qu’elles sont plus chères, que le support n’est pas « follow the sun », que les solutions sont atomisées, etc. Tous ces arguments fallacieux ne tiennent pas longtemps la route pour peu que l’on veuille bien faire preuve d’un minimum d’objectivité ! », affirme Alain Bouillé, délégué général du Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique (CESIN).
Voici les 7 préjugés débusqués dans le livre blanc :
Préjugé n°1 : « Il n’y a pas d’alternative européenne innovante »
« Faux », répond le groupement d’entreprises françaises et européennes qui couvre l’ensemble de la chaine de valeurs dans les domaines de la cybersécurité, du cloud de confiance et des solutions collaboratives sécurisées. « Si les acteurs américains ont historiquement dominé le marché grâce à des stratégies marketing massives et à des écosystèmes très intégrés, les éditeurs européens ont souvent privilégié, à l’inverse, une innovation plus discrète et structurante, orientée vers les usages, la sécurité, la durabilité, l’accompagnement et la confiance ».
Préjugé n°2 : « Les solutions européennes sont trop chères »
Le livre blanc liste plusieurs exemples concrets qui vont à l’encontre de cette idée reçue. Ainsi, les coûts de messagerie de la ville de La Courneuve ont été divisés par trois avec une solution souveraine. Par ailleurs, 240 euros annuels ont été économisés par utilisateur·rice d’une suite alternative à Microsoft Office dans la Métropole de Lyon.
Préjugé n°3 : « Les solutions européennes manquent d’interopérabilité »
A l’inverse de grandes multinationales qui suivent leur propre feuille de route stratégique, « l’approche européenne repose majoritairement sur des standards ouverts élaborés au sein d’instances de normalisation internationales, dans des processus collectifs et transparents. Cette logique garantit une plus grande stabilité des formats, une meilleure portabilité des données et limite le risque de dépendance technique à un acteur unique ».
Préjugé n°4 : « Les solutions européennes sont inadaptées »
Le rapport souligne que les éditeurs dominants proposent souvent des offres groupées dont moins de 50% des fonctionnalités sont utilisées. Par contraste, les solutions européennes privilégient une approche alignant les outils sur les usages réels, « une approche basée sur la modularité, le paramétrage fin et l’activation progressive ».
Préjugé n°5 : « Les équipes ne veulent pas changer d’outils »
Pour Hexatrust, « la réticence est naturelle dans tout projet de transformation numérique. Cependant, une fois les nouveaux usages installés, c’est le retour aux anciens outils qui susciterait des résistances. La réussite repose donc sur une véritable démarche de conduite du changement, soutenue par un engagement fort des organes de direction ».
Préjugé n°6 : « La sécurité et la protection des données ne sont pas une priorité »
Les solutions collaboratives européennes reposent sur le principe de « security & privacy by design ». Un ensemble de cadres réglementaires structurants – tels que NIS2, eIDAS, le CRA, le Cybersecurity Act, CAIDA, SecNumCloud, etc. – vise à élever le niveau de sécurité des outils numériques et à accompagner les organisations dans leur montée en compétence et en maturité. « Dans ce contexte, la sécurité n’est pas un argument marketing mais une obligation structurelle intégrée aux exigences de conformité ».
Préjugé n°7 : « La préférence européenne n’a pas d’impact économique et sociétal »
Doubler les investissements annuels dans les entreprises et les services numériques européens pourrait générer 690 milliards d’euros de revenus dans les 10 années à venir, selon le rapport.
Enfin, le livre blanc présente les témoignages et cas d’usage de BlueMind, Datasure, Docaposte, Jalios, Jamespot, Leviia, Mailo, NetExplorer, Olvid, Oodrive, Pexip, Private Discuss, Parsec, Sharekey, Talkspirit, Tixeo, Wimi et YouSign. On y apprend notamment comment Wimi assure la protection de millions de documents et échanges des 577 député·e·s de l’Assemblée nationale, leurs collaborateur·rice·s et administrateur·rice·s face aux risques cyber et aux enjeux de l’extra-territorialité.
« Pendant longtemps, nous avons voulu croire à une technologie neutre, un village global où le code serait dénué de nationalité, sans problème de sécurité », affirme Jean-Noël De Galzain, le fondateur et président d’Hexatrust. « Une réalité s’impose désormais aux décideurs : les outils collaboratifs ne sont pas de simples supports d’échange. Ils structurent notre façon de travailler et restent soumis aux juridictions de leurs pays d’origine, ainsi que les données que l’on y stocke ou que l’on échange quotidiennement ». Et d’ajouter : « Choisir ses outils collaboratifs n’est plus un simple acte d’achat, c’est un acte de gouvernance au cœur des actifs stratégiques des entreprises ».