Depuis deux ans, les planètes semblent s’aligner une à une pour Systancia. Créé il y a 19 ans, l’éditeur alsacien s’est fait connaître avec AppliDis, sa solution de virtualisation d’applications et de postes de travail concurrente de celle de Citrix. Mais, malgré une progression régulière, la société est restée longtemps relativement confidentielle. En 2013, Systancia enregistre une première accélération avec le rachat de l’éditeur de solutions de sécurité rennais IPdiva, dont elle hérite un centre de R&D à l’expertise reconnue et surtout une technologie de chiffrement des flux qui crédibilise son offre AppliDis.

Mais le véritable tournant semble être l’acquisition d’Avensis en octobre 2016. Spécialisé dans la confiance numérique, Avencis est à l’origine d’une solution d’authentification SSO (gestion des mots de passe), Avencis SSOX, et d’une solution de gestion des identités et habilitations (Avencis Hpliance) qui viennent étoffer son pôle sécurité. Celui-ci pèse désormais la moitié des revenus de la société. Au passage, Systancia porte son effectif de cinquante-cinq à soixante-dix collaborateurs et dope son chiffre d’affaires de 50% à 5,7 M€. Soit un triplement de son chiffre d’affaires en l’espace de quatre ans.

Entretemps, Systancia était devenue rentable. Sur son exercice 2015, soit trois ans après sa dernière levée de fonds, la société a dégagé un résultat net de 591 K€ (soit une rentabilité de 12,8%). Systancia n’a pas encore publié ses chiffres 2016 mais Christophe Corne, son président-fondateur assure que la structure est rentable depuis lors.

Mais l’acquisition d’Avensis a eu des effets encore plus positifs qu’attendu, notamment à l’international. L’éditeur a ainsi entamé des démarches actives en Allemagne, où il a embauché deux commerciaux, mais aussi au Maroc et en Tunisie (via l’appui du VAD Feeder) et dans les Emirats Arabes Unis. Et la société envisage sérieusement de démarrer une activité aux USA. « Le fait d’être plus nombreux et d’avoir une troisième gamme de produits à promouvoir fait qu’on se sent plus forts et plus efficaces pour conquérir des comptes hors de France », souligne Christophe Corne.

Parallèlement à l’international, Systancia est en train d’accélérer sur l’indirect. Longtemps frileux vis-à-vis d’un réseau de distribution qu’il appelait de ses vœux mais auquel il offrait peu de soutien, Systancia a recruté en mars dernier un channel manager (Eric Charreton) qui a structuré l’approche indirecte. L’éditeur revendique désormais une soixantaine de partenaires dont une quinzaine de certifiés au plus haut niveau d’expertise sur ses offres (parmi lesquels Orange, SCC, Cheops, Axians, S-Cube, Synetis, CIS Valley, ARS, Yourax…). L’indirect représente désormais 60 à 70% des revenus de la société et sa part progresse régulièrement.

Plus assuré sur le plan commercial, Systancia l’est aussi sur le plan technologique. En cet automne 2017, l’éditeur multiplie les innovations produits. Après avoir introduit l’apprentissage machine (machine learning) au sein de son offre AppliDis pour raccourcir le temps de chargement des applications – par prédiction du comportement utilisateur, Systancia vient d’annoncer une fonctionnalité d’authentification adaptative (elle aussi basée sur de l’apprentissage machine) au sein de son offre de gestion de mots de passe. Et une technologie similaire permettant de reconnaître la façon de travailler des utilisateurs, va faire son apparition sur son offre de gestion des utilisateurs à pouvoir – une offre qui, indépendamment de cette annonce, enregistre actuellement une forte appétence.

Une démarche tournée vers l’innovation qui contribue à faire évoluer l’image de l’éditeur : « de plus en plus, les grands comptes ne nous voient plus seulement comme l’éditeur du produit le moins cher mais aussi comme celui qui propose le produit le plus innovant », se félicite Christophe Corne.

Pour l’exercice en cours, Systancia table encore sur une progression significative autour de 20% à 25% de ses ventes. Une croissance alimentée autant par ses offres de sécurité, qui bénéficient de la très forte dynamique du marché et de la Qualification Élémentaire obtenue en 2016 de l’ANSSI pour sa solution IPdiva Secure, que par son offre de virtualisation d’applications et de postes de travail, qui profite du recul de Citrix sur le terrain. Forte d’un effectif de 80 personnes désormais, la société espère continuer sur cette dynamique dans les mois qui viennent en misant notamment sur la satisfaction clients – celle-ci s’est encore améliorée cette année à 98% de satisfaction – et l’implication de ses collaborateurs (via l’intéressement, l’actionnariat salarié, l’épargne d’entreprise, etc.). Enfin, sous la houlette de son directeur qualité, l’entreprise vient de se lancer dans une démarche ISO 27001.