Les partenaires américains de Sun l’affirment de plus en plus fort : les ventes se sont effondrées depuis le rachat par Oracle, l’éditeur étant par ailleurs accusé de rester sourd à leurs interrogations.

 

 

Le rachat de Sun par Oracle plonge les partenaires du constructeur dans l’embarras. C’est ce qui apparaît en lisant la presse américaine. Plusieurs de ces partenaires se plaignent des incertitudes qui pèsent sur l’avenir, qui selon eux ont donné un coup d’arrêt aux ventes. C’est notamment le cas du PDG du distributeur Avnet, Roy Vallee, qui lors d’une réunion avec ses investisseurs a déclaré que cette opération – qui attend désormais le feu vert de la Commission européenne – avait un impact négatif sur les clients et sur le réseau, rapporte CRN. « Les ventes souffrent bien entendu de la récession mais le mouvement est amplifié avec Sun », a-t-il ajouté.

« Mon problème avec l’accord Sun Oracle est que je n’ai rien entendu et que je ne bouge plus depuis son annonce », s’est désolé de son côté toujour Paul Sutton, PDG de Kabira Technologies, un spécialiste des transactions temps réel qui développe sur machines Solaris. Un revendeur Sun de la côte est va encore plus loin « Historiquement, Oracle n’a jamais bien traité ses partenaires et cela me concerne à présent ».

Pour tenter de rassurer tout le monde, Oracle s’est offert jeudi une pleine page dans le Wall Street Journal pour expliquer qu’il n’avait aucunement l’intention de se séparer du hardware et qu’au contraire il allait investir plus d’argent dans les machines Sparc que ne pouvait le faire Sun auparavant. « Nous sommes là pour gagner. IBM, nous allons entrer en compétition avec vous dans le commerce du hardware », y prévenait Larry Ellison.

En attendant, il n’est pas sûr que les concurrents de Sun, IBM et HP, profitent largement de l’instabilité actuelle. Plusieurs observateurs font ainsi remarquer que les parts de marché du constructeur de Santa Clara ont baissé bien avant la rachat à cause des incertitudes qui pesaient déjà sur le devenir de la société. Une chose semble sûre, un rachat par IBM aurait certainement rassuré les clients et une partie non négligeable des distributeurs. A l’exception des supporters de Java bien entendu. Et de HP.