Okta et CrowdStrike ont tous deux dépassé les attentes au deuxième trimestre de leur exercice 2027 et relevé leurs perspectives annuelles, provoquant de fortes hausses en Bourse. Leurs résultats témoignent d’une demande toujours solide pour les outils de cybersécurité, tandis que l’essor de l’IA agentique commence à créer de nouveaux besoins de protection.
CrowdStrike a réalisé sur le trimestre clos fin juillet un chiffre d’affaires de 1,47 milliard de dollars, en hausse de 26% sur un an, dont 1,40 Md$ issus des abonnements (+27%). Son revenu récurrent annualisé (ARR) atteint 5,84 Md$, en progression de 25%, après l’ajout d’un montant record de 333 M$ de nouveaux ARR. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 5,3 M$, contre une perte de 70,2 M$ un an plus tôt, et un résultat opérationnel ajusté de 371,6 M$, soit une marge de 25%.
La croissance est notamment portée par Falcon Flex, son modèle de souscription permettant aux clients de consommer plusieurs modules de la plateforme Falcon. Les comptes utilisant cette offre représentent désormais plus de 2,29 Md$ d’ARR, plus du double d’il y a un an. CrowdStrike relève ses objectifs et vise désormais un chiffre d’affaires annuel compris entre 5,99 et 6,01 Md$.
L’éditeur met aussi en avant les nouveaux besoins liés à l’IA. Il a notamment lancé Continuous Identity for AI Agents, destiné à étendre les mécanismes d’autorisation et de contrôle des risques aux identités humaines, non humaines et agentiques, et enrichi ses fonctions de détection et de réponse aux menaces visant les environnements IA. Son titre a gagné plus de 10% après la publication de ses résultats et progressait encore fortement le lendemain.
Okta mise lui aussi sur les identités agentiques
Okta affiche une dynamique moins rapide mais également supérieure aux attentes. Le spécialiste de la gestion des identités a réalisé 805 M$ de chiffre d’affaires, en hausse de 11%, dont 793 M$ issus des abonnements (+12%). Son carnet de commandes d’abonnements (RPO) progresse de 17%, à 4,86 Md$, tandis que son bénéfice net atteint 116 M$, contre 67 M$ un an auparavant.
L’IA agentique constitue également un nouveau relais potentiel pour Okta. La multiplication des agents autonomes crée autant de nouvelles identités numériques, de droits d’accès et de connexions à contrôler. L’éditeur a généralisé son offre Okta for AI Agents et indique avoir signé plusieurs dizaines de contrats liés à l’IA, dont plusieurs dépassant le million de dollars. Les nouveaux produits ont représenté environ 30% des commandes du trimestre.
Okta renforce parallèlement ses capacités par croissance externe. Fin juillet, le groupe a annoncé l’acquisition de Permiso Security, spécialiste de la détection et de la remédiation des menaces liées aux identités humaines, non humaines et agentiques dans les environnements multicloud. La technologie de Permiso doit notamment renforcer la visibilité d’Okta sur les comportements suspects après authentification dans les environnements cloud et IA. La finalisation de l’opération est prévue au troisième trimestre de l’exercice 2027.
La contribution financière directe de l’IA reste toutefois encore faible. Le directeur financier d’Okta, Brett Tighe, a indiqué qu’elle demeurait « très petite » et ne devrait pas avoir d’impact significatif sur les résultats de l’exercice en cours. Une montée en puissance plus substantielle est envisagée à partir de l’exercice 2028.
Okta relève néanmoins ses objectifs annuels et table désormais sur un chiffre d’affaires compris entre 3,216 et 3,226 Md$, soit une progression de 10 à 11%, ainsi que sur un résultat opérationnel ajusté de 830 à 840 M$. Son action a bondi d’environ 20% après la publication.
Ces deux publications suggèrent que les entreprises continuent d’accorder une place importante à la cybersécurité dans leurs budgets, tandis que l’IA élargit progressivement la surface à protéger. Une nouvelle indication sera donnée le 1er septembre avec les résultats annuels de Palo Alto Networks. Ils permettront de déterminer si la dynamique observée chez Okta et CrowdStrike traduit plus largement une volonté des entreprises d’accroître leurs dépenses en outils de cybersécurité.



