Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, vient de se fendre d’une missive d’environ 6.000 mots qui appelle les gouvernements du monde entier à collaborer et à créer un véritable cadre international afin de contenir les impacts de l’intelligence artificielle. Dans son blog personnel, le milliardaire se dit inquiet du fait que les gouvernements ne soient pas du tout préparés à l’impact de l’IA sur l’humanité. Il estime notamment qu’ « une certaine coopération entre les Etats-Unis et la Chine sera nécessaire ». Son essai en ligne est intitulé « L’ère tumultueuse de l’IA est là. Les choix que nous faisons sont cruciaux ».

« De nombreux emplois disparaîtront à jamais », prédit-il. « L’IA aura des répercussions sur la sécurité nationale, mais aussi sur l’emploi, l’éducation, la fiscalité, l’énergie, les élections, l’air et l’eau, la santé publique, le système financier, l’application de la loi, les transports, les domaines publics et les systèmes informatiques ». Dans ce texte, il appelle à réserver certains emplois exclusivement aux êtres humains et à ne pas les confier à une IA, notamment dans le domaine de la santé. Etant donné que les recettes fiscales tirées des revenus du travail vont diminuer, il propose également d’instaurer une taxe sur les contenus produits par l’IA ainsi que sur les robots.

Il exprime enfin de l’inquiétude quant à l’impact de l’IA sur l’éducation : « Paradoxalement, l’outil qui permet aux gens d’apprendre plus que jamais pourrait aussi conduire de nombreuses personnes à apprendre moins », écrit-il. « Une première enquête suggère qu’une utilisation intensive de l’IA est associée à une diminution de l’esprit critique. Cet effet est encore plus marqué chez les jeunes ».

Comme d’autres leaders de la Big Tech, Bill Gates alerte sur les dangers d’une IA surpuissante tout en ne faisant pas grand chose pour en ralentir la progression au sein de l’entreprise qu’il a co-fondé. Il appelle surtout les politiques à réagir. Une manière de redorer son blason en se donnant une image responsable ?