Une mobilisation européenne d’une ampleur inédite est annoncée les 6 et 7 novembre prochains pour exiger un moratoire sur la construction de nouveaux méga-datacenters dédiés à l’IA. Porté par le slogan « Datacenters partout, démocratie nulle part », cet événement réunit plusieurs dizaines d’associations et de collectifs citoyens à travers plusieurs pays d’Europe, dont la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande, la Belgique et les Pays-Bas.
La contestation s’articule principalement autour de la consommation énergétique, l’artificialisation des terres agricoles, l’usage considérable d’eau en période de sécheresse, le manque de consultation des populations directement concernées et l’absence de souveraineté numérique. Pour mémoire, 70% du marché européen des infrastructures cloud et de datacenters est actuellement dominé par les trois géants étasuniens que sont AWS, Google et Microsoft.
La France compte d’ores et déjà plus de 350 centres de données sur son territoire. Elle est le troisième pays accueillant le plus de datacenters en Europe, après l’Allemagne et le Royaume-Uni. Plus de 110 centres de données sont en cours de déploiement dans l’Hexagone et une soixantaine de nouvelles constructions est prévue dans le cadre du programme de sites « clés en main » du gouvernement français. Plus d’une trentaine de ces projets fait actuellement l’objet de contestations, d’après la carte de l’association marseillaise Le Nuage était sous nos pieds.
En juillet dernier, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a constaté que 90% de la puissance électrique française dédiée aux datacenters profitait à des projets extra-européens. La commission d’enquête a alors recommandé un moratoire sur les projets de datacenters extra-européens, estimant que leur développement était susceptible de renforcer davantage la dépendance numérique de la France. Le 8 octobre dernier, le député de la Somme, François Ruffin, a déposé une proposition de résolution non contraignante appelant également à un moratoire de 5 ans sur les projets de centres de données non souverains.



