Les financements des start-up françaises ont fortement rebondi au premier semestre 2026. Elles ont levé 4,58 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit 65% de plus qu’un an auparavant, selon le Baromètre 2026 de l’écosystème d’innovation français publié par France Digitale et EY. Il s’agit du troisième meilleur premier semestre enregistré depuis la période Covid.
Cette hausse masque toutefois un marché toujours très sélectif. Seulement 280 opérations ont été recensées, soit 10% de moins qu’au premier semestre 2025. Le ticket moyen dépasse désormais 16 M€, contre moins de 9 M€ un an plus tôt. Les sept opérations supérieures à 100 M€ concentrent à elles seules près de la moitié des montants levés.
Les cinq plus grosses opérations totalisent près de 2 Md€. Elles sont dominées par Advanced Machine Intelligence (890 M€) et Alan (580 M€), devant Pennylane (175 M€), Pasqal (170 M€) et Bionyra Pharma (145 M€). Les logiciels, intelligence artificielle comprise, captent près de 1,8 Md€, en progression de 110%, et représentent près de 40% des investissements.
Un passage à l’échelle toujours difficile
L’écosystème français continue parallèlement de s’étoffer. France Digitale et EY recensent près de 18.000 start-up, soit environ 1.800 de plus sur la période. Elles représentent 530.000 emplois directs, en hausse de 6% sur un an. Plus de la moitié des entreprises (56%) sont désormais implantées hors d’Île-de-France, même si la région parisienne concentre encore plus de 80% des fonds levés.
La France reste néanmoins derrière ses deux principaux concurrents européens. Le Royaume-Uni a capté 14,6 Md€ au premier semestre (+97%) et l’Allemagne 5,9 Md€ (+66%). Le baromètre pointe surtout les difficultés persistantes de financement du passage à l’échelle : 72% des fonds de capital-risque interrogés déclarent être contraints à partir de la série B, faute de capacités financières suffisantes.
L’étude souligne ainsi un rebond marqué du financement, mais aussi sa concentration croissante sur un nombre limité d’entreprises et de secteurs stratégiques.




