Les géants étatsuniens Amazon, Google, Meta et Microsoft ont l’intention d’investir 630 milliards de dollars environ dans des infrastructures de cloud et d’intelligence artificielle (IA) en 2026, selon l’agence Bloomberg. Cette somme colossale dépasse de très loin le chiffre d’affaires mondial généré par les services d’infrastructure de cloud et d’IA en 2025.

Plus en détails, la firme Amazon, avec sa filiale AWS, prévoit de dépenser 200 milliards de dollars dans la construction et l’équipement de centres de données en 2026 ; Alphabet/Google envisage d’investir 185 milliards de dollars ; Meta anticipe jusqu’à 135 milliards de dollars de dépenses et Microsoft 110 milliards de dollars environ.

Il n’est pas simple d’appréhender un tel montant. Pour donner un ordre de grandeur, 630 milliards de dollars suffiraient à éradiquer la faim dans le monde pour les 35 prochaines années.

Si ces dépenses démesurées enrichissent notamment les fabricants de semi-conducteurs et de centres de données, elles pénalisent d’autres entreprises de la tech car elles entraînent une pénurie de composants dédiés aux équipements qui nécessitent également des puces, tels que les PC et les smartphones.

Jusqu’où les hyperscalers étatsuniens sont-ils prêts à aller pour obtenir un avantage dans la course à l’IA, en dépit de l’énorme coût environnemental mondial et d’un retour sur investissement qui n’a pas été à la hauteur des attentes jusqu’à présent ? Ils semblent pris dans un engrenage qui les amène à dépenser toujours plus. En 2026, à Wall Street, ils pourraient émettre entre 250 et 300 milliards de dette, selon le cabinet d’investissement Morgan Stanley qui cherche à réduire son exposition à présent. En effet, les hyperscalers et leurs partenaires bâtisseurs de datacenters ne parviennent plus à se financer sur fonds propres comme auparavant. Même les investisseurs s’inquiètent d’un tel emballement.