Microsoft a publié les résultats de son deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2026, solides mais insuffisants pour rassurer des investisseurs de plus en plus attentifs à la qualité de la croissance et à la pression exercée par les investissements dans l’intelligence artificielle. En dépit de performances supérieures aux attentes de Wall Street, le titre a décroché de plus de 11 % dans la foulée de l’annonce, effaçant environ 50 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Sur le trimestre clos fin décembre 2025, Microsoft a généré un chiffre d’affaires de 81,3 milliards de dollars de revenus, en hausse de 17 % sur un an, ou 15% à taux de change constants. Autre performance notable, les revenus de Microsoft Cloud ont pour la première fois franchi le seuil des 50 milliards de dollars sur un trimestre, tirés notamment par la progression de 39% d’Azure. Le bénéfice net (Gaap) a bondi de 60% à 38,5 milliards de dollars, dont 7,6 milliards de dollars grâce à la participation de 27% dans OpenAI.

« Nous n’en sommes qu’aux prémices de la diffusion de l’IA, et Microsoft a déjà bâti une activité liée à l’IA plus importante que certaines de nos plus grandes franchises », s’est félicité le PDG Satya Nadella dans un communiqué.

Par grandes lignes d’activités, la copie est plus nuancée. Si la division Intelligent Cloud progresse de 29% à 32,9 milliards de dollars et la division Productivity and Business Processes de 16% à 34,1 milliards de dollars, la division More Personal Computing passe à côté du sursaut du marché du PC et recule de 3% avec 14,3 milliards de dollars de revenus.

Au final, les investisseurs s’inquiètent surtout des dépenses d’investissement trimestrielles, qui ont bondi de 65% pour atteindre 37 milliards de dollars. Deux tiers ont été consommés pour des actifs “à courte durée de vie”, essentiellement les puces destinées à l’IA.

La directrice financière, Amy Hood, a tenté de rassurer en affirmant que les risques liés à l’amortissement des GPU étaient atténués par des contrats préétablis et avec une demande dépassant les capacités, mais ce message n’a pas suffi à dissiper les inquiétudes concernant le retour sur investissement.

La sanction boursière peut paraitre sévère comparée à la hausse de près de 10% de l’action Meta, suite à ses résultats. Si le groupe de Mark Zuckerberg a largement dépassé les attentes, il est aussi un champion de la dépense. Le groupe envisage des investissements de 115 à 135 milliards de dollars en 2026 contre 72 milliards sur l’exercice clos.

Microsoft n’est toutefois pas un cas isolé. L’action de l’éditeur allemand SAP a dégringolé de 16% jeudi après avoir déçu sur ses prévisions de chiffre d’affaires cloud.  Outre Atlantique, ServiceNow et Atlassion dévissent de 12%, Datadog de 8% et Salesforce de 7%. Le secteur du logiciel dans son ensemble est fragilisé par les craintes de perturbations engendrées par l’IA.