Le Tribunal de Grand Instance de Nanterre a tranché : HP applique bel et bien un système de quotas dans l’évaluation de ses salariés. Une condamnation qui ne devrait rien changer dans la pratique.
L’intersyndicale de HP France vient d’obtenir la condamnation de l’entreprise pour ses pratiques en matière de notation des salariés. Les syndicats ont réussi à prouver que les notations sanctionnant chaque année les performances des collaborateurs HP obéissaient à une logique de quotas. En clair, les managers sont tenus d’attribuer collectivement une proportion déterminée à l’avance de bons et de mauvais points à leurs subordonnés quels que soient leurs mérites individuels.
Une pratique - par ailleurs fort répandue dans les entreprises américaines - dont les syndicats soupçonnaient l’existence depuis longtemps mais qu’ils n’avaient jamais réussi à démontrer. Jusqu’à ce qu’ils interceptent fin 2008 un mail du directeur opérationnel Technical Services, enjoignant explicitement à ses managers d’appliquer un quota de 5% sur l’attribution de la notation I (pour Improvement signifiant objectifs non atteints), qui correspond à la plus mauvaise appréciation possible et qui exclut de facto le salarié concerné de toute possibilité d’augmentation ou de prime (entre autres).
Les mal-notés pourront contester leur évaluation
Conséquence de cette décision de justice rendue en référé par le TGI, les personnes ayant obtenu un I à l’issue des entretiens d’évaluation de 2008 pourront demander individuellement un réexamen de leur appréciation. Une possibilité de contestation qui devrait accessoirement inciter les managers à solidifier leur argumentation.
Cette condamnation arrive au moment où HP annonce une modification de sa grille de notation, la faisant passer de trois à cinq échelons. Aux catégories K (dépasse largement les objectifs), P (atteint les objectifs) et I, s’ajoutent désormais les P+ (dépasse les attentes) et P- (atteint partiellement les objectifs).
Une nouvelle grille pour éloigner plus de salariés de l’augmentation ?
Une nouvelle grille qui inquiète les syndicats. Ils craignent qu’elle n’amplifie le problème des quotas. Ils estiment que jusqu’à 30% des salariés pourraient être relégués dans la catégorie P-, ce qui aurait pour effet de les priver d’augmentation mais sans que le management ne soit contraint de prévoir un plan de retour à la performance, comme c’est actuellement le cas pour la catégorie I.
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