Le fabricant californien de serveurs Supermicro se retrouve au cœur d’une affaire de contournement des contrôles américains à l’exportation. Le 19 mars, le bureau du procureur fédéral du district sud de New York a dévoilé l’inculpation de trois personnes liées au constructeur pour une conspiration présumée visant à acheminer vers la Chine des serveurs d’IA intégrant des technologies américaines soumises à restriction.
Les personnes mises en cause sont Yih-Shyan « Wally » Liaw, cofondateur de Supermicro et membre de son conseil d’administration, Ruei-Tsang « Steven » Chang, responsable des ventes à Taïwan et Ting-Wei « Willy » Sun, un consultant travaillant pour la société. Selon les autorités, ils auraient fait transiter au moins 2,5 milliards de dollars de technologies américaines d’intelligence artificielle en les introduisant clandestinement en Chine depuis Taiwan.
Supermicro affirme dans un communiqué ne pas être visé en tant que société dans l’acte d’accusation. Le groupe indique avoir placé en congé administratif les deux salariés concernés, rompu ses liens avec le prestataire impliqué et coopérer pleinement avec l’enquête. Le 20 mars, la société a en outre annoncé la démission immédiate de Wally Liaw de son conseil d’administration et la nomination de DeAnna Luna au poste de responsable de la conformité par intérim.
L’affaire a provoqué une violente réaction en Bourse. Le titre a chuté de plus de 33 % à la clôture de la séance de vendredi, signe de l’inquiétude des investisseurs face aux risques réglementaires et réputationnels qui pèsent désormais sur ce partenaire majeur de l’écosystème Nvidia. Pour mémoire, Supermicro a été à plusieurs reprises dans le collimateur de la justice étasunienne ces dernières années pour soupçons de manipulations comptables.