L’adoption d’outils d’intelligence artificielle (IA) pour automatiser progressivement davantage de tâches dans l’entreprise a un impact négatif sur l’emploi des salarié·e·s débutant·e·s dans les technologies informatiques, selon une récente étude du Digital Economy Lab de l’Université de Stanford, en Californie. D’après le directeur de l’étude, Erik Brynjolfsson : « Pour les développeurs, depuis le pic de fin 2022, on constate une baisse d’environ 20% des postes destinés aux débutants âgés de 22 à 25 ans inclus. Dans les centres d’appels, la baisse est d’environ 15%. Les profils intermédiaires s’en sortent bien et les seniors très bien. On constate une hausse de 6 à 9% de recrutements des 35-49 ans dans les jobs les plus exposés à l’IA ». L’impact de l’IA s’observe davantage par la diminution des recrutements des jeunes mais « on commence aussi à observer un léger effet négatif sur les salaires », ajoute Erik Brynjolfsson, lors d’un sommet portant sur l’impact de l’IA sur l’économie qui s’est tenu à la mi-mars 2026 à Stanford.
Le ralentissement du marché de l’emploi IT aux Etats-Unis s’explique aussi par des facteurs économiques plus classiques. L’adoption de l’IA est souvent invoquée pour rendre les vagues de centaines et de milliers de licenciements plus acceptables aux yeux de l’opinion publique. Ce procédé malhonnête a été baptisé « AI washing », en écho au « Green Washing ». Selon une étude de resume.org, 59% des entreprises interrogées avouent utiliser l’IA comme excuse pour freiner les recrutements ou tailler dans les effectifs. Les grandes multinationales étatsuniennes du numérique l’usent fréquemment pour justifier leurs vagues de licenciements depuis plusieurs mois.
La France suit ce mouvement. Une étude de Deel menée par IDC fin 2025 montre que 83 % des entreprises prévoient des suppressions de postes du fait de l’IA, et ce, en la défaveur des jeunes diplômé·e·s. 67% du panel français de l’étude entend réduire ses recrutements de profils juniors dans les trois ans à venir.