Après une année 2024 en léger retrait, Terra Computer France a renoué avec la croissance en 2025, avec un chiffre d’affaires en progression de 12,8 % à plus de 67 millions d’euros. Un rebond que la filiale du constructeur allemand Wortmann AG attribue d’abord à la relance du marché du poste de travail provoquée par la fin de support de Windows 10 – dont l’effet s’est surtout fait sentir en France à partir de l’été, avant d’accélérer nettement au dernier trimestre –, et au renouvellement des équipements déployés pendant la période Covid.

Ce rebond a d’abord été alimenté par les volumes. En France, Terra dit avoir enregistré une hausse d’environ 50 % sur les PC fixes et de 30 % sur les portables. Quant aux tensions tarifaires, elles n’ont réellement commencé à se faire sentir qu’en toute fin d’année 2025, sans impact significatif sur l’exercice, explique Ben Gayer, directeur général de Terra Computer France (photo). La distribution de composants, qui représente toujours autour de 10 à 15 % de l’activité (contre 35 à 40 % au niveau du groupe), a plutôt reculé en 2025, Terra Computer France préférant se concentrer sur la vente des produits à sa marque, aux marges plus lucratives.

Autre enseignement mis en avant par l’entreprise pour l’exercice écoulé : ses débouchés ne se limite plus aux PME, son cœur de cible historique. Pour la première fois depuis son implantation il y a 20 ans, la marque, qui se décrit elle-même comme un « petit player » sur le marché français, dit voir émerger un intérêt de grands comptes français privés et publics à la recherche d’alternatives européennes aux grands constructeurs américains. Ben Gayer explique ainsi avoir été sollicité, via des revendeurs, sur des appels d’offres émanant de groupes du CAC 40, jusque-là presque exclusivement captés par HP, Dell ou Lenovo.

Pour 2026, le tableau est en revanche plus contrasté. Si Terra Computer France indique ne pas avoir été affecté en 2025 par la flambée des prix des composants, celle-ci commence désormais à se faire sentir sur les cotations, dont la durée de validité a été réduite à seulement 48 heures. La filiale précise ne pas avoir rencontré de problème majeur de disponibilité à ce stade. Mais Ben Gayer convient que la visibilité est très faible. Il confirme que certaines commandes passées chez les fournisseurs peuvent « ne pas être honorées », obligeant l’entreprise à s’adapter au jour le jour.

Dans ce contexte, Terra table pour 2026 sur une stabilisation de son chiffre d’affaires au niveau de celui de 2025. L’hypothèse retenue est celle d’un marché où des volumes potentiellement un peu plus faibles seraient compensés par des prix orientés à la hausse. Cette prudence n’empêche pas l’entreprise d’investir.

La filiale vient en effet de déménager dans de nouveaux locaux à 4 km de ses locaux historiques de Vendenheim en Alsace. L’entreprise a investi plus de 2 millions d’euros dans la rénovation d’un bâtiment de 1 600 m², dont elle occupe 1 300 m² (contre 700 m² dans l’ancien bâtiment). Ce changement doit permettre d’étoffer les équipes, notamment commerciales, avec 4 à 6 recrutements envisagés d’ici à la fin de l’année.