Microsoft a clos le 30 juin son exercice fiscal 2026. Le quatrième trimestre affiche 90 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre un consensus de 87,7 milliards, et un bénéfice net GAAP de 35,8 milliards, en hausse de 31 %. Sur l’année, l’éditeur totalise 331,8 milliards de revenus.
Microsoft Cloud pèse 59,3 milliards sur le trimestre (+27 %). Azure et les services associés progressent de 43 %, alors qu’Amy Hood avait annoncé une fourchette de 39 à 40 %, et franchissent pour la première fois les 100 milliards de dollars de revenus annuels. Microsoft 365 Copilot dépasse les 30 millions de licences payantes, contre 20 millions en avril. L’action a repris près de 9 %, après la sanction de plus de 11 % infligée en janvier.
Azure aussi manque de capacité
Interrogée sur les raisons de cette accélération, la directrice financière a confirmé que la demande continue d’excéder l’offre disponible. Les 43 % ne viennent pas d’un afflux de capacité neuve mais de gains d’efficacité sur le parc CPU et GPU existant, immédiatement monétisés du fait de la pénurie. Pour le premier trimestre fiscal 2027, Microsoft table sur une croissance d’Azure d’environ 45 % à taux de change constants.
Sur les projets lourds, l’allocation de capacité devient donc un paramètre de planification pour les intégrateurs — comme chez AWS, qui a tenu le même discours la veille.
GitHub Copilot, démonstration de la bascule vers l’usage
Satya Nadella présente désormais son modèle « licence plus consommation » comme son principal levier d’élargissement de marché. La démonstration est venue de GitHub Copilot, passé à la facturation à l’usage au cours du trimestre : Amy Hood cite une consommation supérieure aux attentes sur ce produit comme l’un des moteurs de la surperformance d’Azure, sans que la croissance des sièges entreprise en pâtisse.
Les autres briques suivent : facturation à l’usage sur Copilot Cowork, consommation de crédits Dynamics 365 multipliée par quatre en un trimestre, et tarification à l’usage annoncée pour Project Perception, le nouveau système de sécurité agentique. Côté contrats, Microsoft 365 E7 est disponible depuis le 1er mai, avec une option d’achat Copilot sur trois ans dans le CSP.
Pour un partenaire, l’écart est réel : un modèle par siège se contractualise, un modèle à l’usage se pilote. La marge dépend de la consommation effective du client et de la capacité à facturer l’accompagnement. Une évolution de plus après la suppression des remises au volume sur les Accords Entreprise.
Amy Hood a par ailleurs prévenu que le revenu moyen par utilisateur reculerait sur les nouveaux sièges, notamment sur les licences frontline (F1/F3) et sur les offres PME — les segments les plus vendus par le channel.
Le poste de travail se contracte
More Personal Computing recule de 5 % à taux de change constants, à 12,9 milliards, et les revenus Windows OEM et appareils perdent 7 %. Le repli est resté inférieur aux prévisions parce que les OEM et le channel ont constitué des stocks avant la hausse des composants. Microsoft anticipe désormais un recul de l’ordre de 20 % sur cette ligne au premier trimestre fiscal 2027.
Frontier Company, l’éditeur s’invite sur le terrain de ses partenaires
Reste le point qui risque de créer des tensions dans l’écosystème. Frontier Company, l’entité à 2,5 milliards de dollars annoncée début juillet, compte déjà 6 000 ingénieurs et experts sectoriels embarqués chez les clients, et revendique 330 projets menés auprès de 164 entreprises.
Ce sont des missions d’industrialisation et de mise en production de l’IA générative. Soit exactement le terrain sur lequel Microsoft demande par ailleurs à ses partenaires de se différencier. La ligne de partage entre ce que l’éditeur délivre en direct et ce qu’il laisse à son écosystème reste, à ce stade, sans réponse publique.




