OpenAI ferme Sora, sa plateforme de génération de vidéos boostées à l’IA et met fin à un partenariat d’un milliard de dollars avec Disney. D’après une estimation de Forbes, les coûts liés à Sora pouvaient atteindre jusqu’à 15 millions de dollars par jour, soit plus de 5 milliards de dollars par an, sans compter le coût énergétique et les problématiques de droits d’auteur. Chaque requête de création de vidéo par IA mobilise une énorme puissance de calcul, reposant sur des GPU coûteux et énergivores.
Cette décision d’OpenAI s’inscrit dans un contexte de rationalisation de ses coûts d’infrastructure. La société étasunienne se recentre sur son coeur de métier – la productivité en entreprise et les agents d’IA – pour démontrer sa capacité à générer des revenus durables.
« Face au succès de Nano Banana 2 de Google, qui dépasse de très loin Sora en termes d’utilisation, OpenAI ferme son service vidéo », analyse Stéphane Roder, le PDG d’AI Builders. « L’entreprise doit se recentrer sur les marchés à forts volumes pour aller chercher rapidement du revenu. L’usage des modèles génériques comme ChatGPT commence à atteindre une forme d’asymptote, OpenAI n’ayant pas de relais commercial ni d’intégration native lui permettant une traction indirecte du marché ». Et d’ajouter : « Le succès mondial de Cowork d’Anthropic, avec plus d’un million d’abonnements par jour, change la donne. Cette révolution du ‘Self AI’ permet de générer ses propres agents et d’acquérir des talents spécifiques (juridique, financier) via des app stores. En procédant à l’acq-hire de Peter Steinberger (créateur d’OpenClaw), OpenAI se donne les moyens de construire son propre écosystème d’agents, plus puissant et orienté développeurs. Pour rendre ces workflows viables, OpenAI va ralentir ses investissements sur les très larges modèles pour se concentrer sur les SLM (Small Language Models). L’objectif est de produire des modèles ultra-spécialisés et économiques, à l’image de ce que font aujourd’hui Mistral ou Qwen. OpenAI se recentre donc sur le segment en plus forte croissance après une phase nécessaire d’exploration ».
Théo Pham, le PDG de Rizlum, un expert en IA souveraine, estime pour sa part : « Cet arrêt traduit un changement de stratégie brutal dont le moteur principal est la recherche de rentabilité. Sora et le partenariat avec Disney coûtaient tout simplement trop cher : avec environ 15 millions de dollars de pertes quotidiennes, la situation n’était plus tenable. Le coût de production de la vidéo générative reste aujourd’hui beaucoup trop élevé pour un modèle de masse. Ce pivot montre qu’OpenAI recherche désormais l’équilibre critique entre qualité et prix. En abandonnant la vidéo récréative pour se concentrer sur les outils de codage et de productivité pour les entreprises, la firme tente de stabiliser ses finances sur un segment où la valeur ajoutée justifie des tarifs professionnels ».