Après une première levée de 2,5 M€ en avril 2025 avec 20VC, Delos vient de boucler une série A de 10 M€ auprès de Bpifrance, C4 Ventures et Founders Future.

Fondée en 2023 par les frères Pierre et Thibaut de la Grand’rive La jeune pousse parisienne est l’une des toute premières à avoir mis sur le marché une offre clé en main de collaborateurs virtuels autonomes. Ces workers, comme les appelle Delos, sont capables de prendre en charge des processus métier complexes du début à la fin.

Une croissance accélérée par les Workers

Lancée il y a seulement quatre mois, cette offre est d’ores et déjà plébiscitée par le marché avec plus de 300 entreprises clientes et quelque 2.000 workers en production. En un trimestre ses revenus récurrents annualisés sont passé de 2,5 à 5 M€. La société vise désormais 10 M€ à fin 2026.

Les fonds engrangés dans le cadre de cette série A doivent servir à financer le développement commercial et l’implémentation de la solution, en France et à l’international, mais aussi la spécialisation des Workers par métier, explique Pierre de la Grand’rive.

De l’agent à la « fiche de poste »

Contrairement aux chatbots, qui répondent à une sollicitation, et aux agents, capables d’utiliser des outils pour exécuter des tâches avant de s’arrêter, les collaborateurs virtuels de Delos sont en mesure de conserver dans le temps une mission, de planifier leur activité, d’agir sans attendre en permanence une nouvelle instruction, de mémoriser leurs interactions et de progresser.

Pour leur donner leur autonomie, Delos leur attribue une véritable identité professionnelle : nom, fonction, adresse électronique, numéro de téléphone, accès à Teams ou Slack, ordinateur dans le cloud et mémoire de long terme. Le Worker peut ainsi interagir avec les humains et les applications de l’entreprise en utilisant les mêmes canaux qu’un salarié.

C’est cette couche que Delos présente comme son principal actif technologique. La société parle d’un « harnais professionnel » construit en interne autour de différentes briques agentiques (gestion des compétences, mécanismes de sécurité, gestion documentaire, communications multicanales, connecteurs vers les applications métier…). Delos veut rester propriétaire de l’ensemble de cette couche d’orchestration.

Sous ce « harnais », l’entreprise reste en revanche agnostique sur les modèles. Elle peut s’appuyer sur des LLM propriétaires comme ceux d’OpenAI ou d’Anthropic aussi bien que sur des modèles open source. Cette abstraction facilite également le remplacement d’un modèle par un autre.

De 500 à 1 500 euros par mois le collaborateur virtuel

Delos décline son offre selon deux modes. Pour les TPE et PME, des Workers préconfigurés peuvent être recrutés en self-service pour des fonctions telles que le marketing, le SEO ou l’IT et paramétrés directement par le client. Pour les grandes entreprises, Delos intervient davantage en mode projet afin de construire des Workers spécialisés, intégrés à leurs processus métiers.

Le modèle économique est fondé sur la consommation. Delos évoque un coût typique de 500 à 1 500 euros par Worker et par mois (les usages les plus intensifs pouvant dépasser cette fourchette).

Une architecture hébergée en France

En France, les données sont hébergées chez Scaleway. Delos estime que la montée en puissance des modèles open source lui permet désormais d’aller jusqu’à des configurations entièrement souveraines, ne dépendant plus d’aucun accès à un modèle propriétaire extérieur. L’entreprise prévoit également des déploiements on-premise pour les environnements les plus sensibles. L’architecture étant maîtrisée par Delos, elle peut aussi être déployée localement dans d’autres régions.

C’est cette capacité d’industrialisation, la maturité atteinte par l’offre, son caractère souverains et son décollage commercial qui ont séduit les investisseurs de cette nouvelle levée de fonds. Delos entend désormais devenir un acteur de référence de l’agentique en France et en Europe et prendre pied aux États-Unis. Deux entreprises technologiques américaines auraient déjà retenu sa technologie cet été.

Le prochain chantier technologique concernera notamment l’orchestration de plusieurs Workers et le déploiement de flottes : après les premières équipes de trois à cinq Workers chez ses clients les plus avancés, Delos envisage en 2027 des groupes pouvant en compter plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines.

Un nouveau terrain de jeu pour les intégrateurs

Si la technologie tient ses promesses, Delos anticipe la constitution d’organisations hybrides où salariés et collaborateurs IA partageront progressivement les mêmes processus, outils et responsabilités. Ainsi, Delos fait elle-même largement usage de sa technologie. Elle compte une trentaine de collaborateurs IA pour un effectif d’une quarantaine de personnes.